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Defensor-Grêmio : Renato Gaucho, le "loco" 100% Brésil qui se pense meilleur que Cristiano

Gaucho
Gaucho Reuters

Grêmio se déplace sur la pelouse de Defensor ce mardi dans le cadre de la phase de groupes de la Copa Libertadores (en direct à 23h15 sur SFR Sport 2). Le club de Porto Alegre est porté par la grinta de son entraîneur, Renato Gaucho, un personnage haut en couleur qui représente parfaitement le foot à la brésilienne.

Grêmio, qui affronte les Uruguayens de Defensor ce mardi (en direct à 23h15 sur SFR Sport 2) en phase de poules de la Copa Libertadores, véhicule l’image d’un club arrogant au Brésil. Voilà sûrement pourquoi le club a choisi Renato Portaluppi, dit Gaucho, comme entraîneur. Parce que le technicien brésilien, arrivé il y a un an et demi, a tout du personnage hautain, méprisant envers les autres. Et il ne traîne pas cette réputation pour rien.

« Il faut parler à ceux qui m’ont vu jouer »

Il a récemment fait parler de lui en marge de la finale de la Coupe du monde des clubs face au Real Madrid en tentant la comparaison avec Cristiano Ronaldo. « J’étais plus fort que Cristiano Ronaldo, a assuré très sérieusement Gaucho en conférence de presse. Il est très puissant mais avec peu de technique. (…) Mais c’est facile pour ceux qui ne m’ont jamais vu jouer de faire autant de compliments à Ronaldo. J’applaudis sa carrière, mais pour savoir qui est le meilleur, il faut en parler à ceux qui m’ont vu jouer à mon meilleur niveau. »

Si la comparaison confine à une auto-satisfaction trop poussée, le bonhomme goûtera tout autant à celle proposée par l'édition brésilienne du quotidien El Pais. Qui a affirmé à la même époque que « Renato Gaucho est à Grêmio ce que Zinédine Zidane est au Real Madrid ». Parce que le premier a lui aussi connu son heure de gloire de joueur dans le club dont il est devenu le coach victorieux.

Un globe-trotteur au joli palmarès

Une Libertadores et une Sudamericana en tant que joueur (1983) en plus de deux championnats régionaux (1985, 1986) chez les Gremistas. En tant qu’entraîneur, une Coupe Piratini (première partie du championnat régional) en 2011, une Coupe du Brésil en 2016, la Copa Libertadores en 2017 puis la Recopa Sudamericana en 2018 (diffusée sur SFR Sport 2), autant de titres qui font de lui une idole du club.

Un statut qui rend sans doute encore plus mégalo celui qui a le mérite d’avoir fait quasiment tout son parcours, de joueur comme d'entraîneur, au pays. Mis à part un court exil d’une saison en Italie à l’AS Rome, Portaluppi a voyagé entre Grêmio, Flamengo, Botafogo, Cruzeiro, Atlético Mineiro, Fluminense et Bangu. Le technicien a vu du pays, beaucoup de pays, sans jamais se poser définitivement.

Jour férié et statue à son effigie

Après avoir aidé Grêmio à remporter la troisième Copa Libertadores de son histoire en novembre dernier, Renato n’a pas échappé au bain de foule à Porto Alegre et s’est fendu d’un discours hallucinant, en décrétant un jour férié au lendemain du titre, et en demandant à ce que sa statue soit érigée devant l’Arena Grêmio, l’enceinte du club. « Je voudrais qu’on réveille le maire ! Avec tout le respect que je vous dois Marchezan (le maire de Porto Alegre, ndlr), excusez-moi mais moi, Renato Portaluppi, je vous dis que demain c’est jour férié dans la ville, facultatif ! » Des déclarations qui n’étonnent pas plus que ça vu le personnage.

Gaucho provoque ses adversaires, s’écharpe avec les journalistes, balade sa starlette de fille dans les couloirs du stade, et se voit au-dessus de tout être sur terre ou presque. Peu à peu, ce comportement agace les médias locaux, qui n’hésitent pas à mettre en avant ses origines plus « carioca » (il est natif de la région de Rio) que « gaucho » (de Porto Alegre). Ce qui le sauve, outre ses sacres, c’est son amour pour ce Grêmio qui l’a lancé dans les années 80. Et avec une victoire contre Defensor ce jeudi pour faire un petit pas en Copa Libertadores, Renato Portaluppi pourrait rêver d’un tetra. Et garder sa cote de popularité intacte.