Ronaldo en Chine : mirage ou réalité ?

AFP

Alors que le mercato estival s’ouvre ce lundi en Chine, la presse espagnole fait état d’une offre gigantesque que devrait rapidement formuler un club chinois au Real Madrid afin de tenter de s’attacher les services de Cristiano Ronaldo. Une opération réalisable ou hautement improbable ? Eléments de réponse.  

180 millions d’euros ? 200 ? 300 ? 400 ? Depuis plus de six mois, les rumeurs les plus folles circulent sur les indemnités de transfert pharaoniques que pourrait ou s’apprêterait à formuler auprès du Real Madrid un club chinois, pour tenter d’attirer dans ses filets Cristiano Ronaldo. Des bruits de couloir qui ont pris de l’épaisseur depuis que la superstar mondiale aurait décidé la semaine passée de quitter le Real Madrid en raison de ses ennuis répétés avec le fisc espagnol, qui ne le lâche pas d’une semelle et enquête actuellement sur une fraude fiscale estimée à 14,7 millions d’euros.

Exaspéré par ce qu’il considère être un acharnement voire une injustice, Ronaldo aurait donc décidé de tourner le dos à Madrid et à l’Espagne. Et d’aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte et… le salaire plus juteux. A Manchester United ? Au Bayern Munich ? Au PSG ? A moins que ce ne soit tout simplement un stratagème pour forcer les Merengue à régler l’ardoise à sa place. Un caprice de star qui n'est pas sans rappeler une de ses bouderies passées quand il était allé au clash avec ses dirigeants afin d'obtenir une revalorisation salariale équivalente à celle de Leo Messi au Barça.

Une offre mirobolante dans les tuyaux

En attendant que CR7 brise le silence et dévoile son jeu, les presses portugaise (A Bola) et espagnole (As) ont annoncé la semaine passée que les dirigeants d’un club chinois (dont l’identité n’a pas été divulguée) allaient formuler d’ici peu et de visu une offre mirobolante pour le Portugais aux dirigeants merengue, alors que s’ouvre officiellement ce lundi le mercato estival dans l’Empire du Milieu. De l’ordre de 180 à 200 millions d’euros assortie d’un salaire annuel net de 120 M€ ! Des sommes qui donnent le tournis mais qui négligent deux infos capitales.

Deux obstacles de taille

La première est que Cristiano Ronaldo a prolongé son contrat avec le Real Madrid en novembre dernier jusqu’en 2021. Désormais, sa clause libératoire est fixée à… 1 milliard d’euros ! Autant dire que le président du club chinois qui rêve de s’offrir le quadruple Ballon d’Or devra se montrer très convaincants et particulièrement habile en négociations. Ou miser sur une improbable ristourne ou d’impensables soldes avant liquidation totale…

Autre point d’achoppement, et pas des moindres là encore, la toute nouvelle règle dite « Taxe 100% » qui vient d’être mise en place par les autorités chinoises afin de permettre l’éclosion de joueurs locaux. Ce qu’elle stipule ? Que chaque équipe de Chinese Super League qui serait tentée d’acheter une vedette étrangère au-delà de la somme charnière de 45 millions de yuans (environ 5,9M€) devra désormais verser le montant équivalent au transfert à un fonds national de développement des jeunes joueurs chinois. Concrètement dans le cas de Cristiano Ronaldo, la note ultra salée s’élèverait à 180M€ x 2 soit 360 millions d'euros. Dans le meilleur des cas. Dans le pire des scénarios, 1 milliard x 2 soit 2 milliards d’euros !... Autant dire que malgré leur surface financière « no limit », les clubs chinois ne pourront pas tout s’offrir sur la planète foot.

Mendes : "Impossible d'aller en Chine"

« En Chine, ils ont proposé une offre de 300 millions d'euros au Real Madrid et plus de 100 millions d'euros par an pour le joueur, déclarait cet hiver Jorge Mendes à Sky Italia. Mais l'argent ne fait pas tout. Le Real Madrid, c'est sa vie, Cristiano est content au Real et il lui est impossible d'aller en Chine. » Et plus tard, quand CR7 aura fait son temps en Europe et cherchera à mettre à l’abri plusieurs nouvelles dizaines générations ? « Pas impossible », a conclu Mendes, pour qui les opérations financières à plusieurs zéros n’ont pas de secret. Et dont l'appât du gain finit toujours par faire mouche.