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Guerdat, l’esthétisme au service du résultat

Panoramic

Dixième de la finale Coupe du monde ce week-end à Bercy, Steve Guerdat est l’invité du magazine Horse Series ce lundi (20h45 sur SFR Sport 3). Le cavalier suisse, champion olympique à Londres et deux fois vainqueur de l’épreuve, affiche à 35 ans seulement l’un des plus beaux palmarès du plateau actuel. 

Bien sûr qu'un magazine suisse peut avoir un point de vue un brin chauvin. Mais l'hebdomadaire PferdeWoche considérait il y a quelque mois Steve Guerdat comme le cavalier le plus régulier sur la scène internationale. Même quand il "se rate", le natif de Bassecourt limite les dégâts. Comme il l'a fait ce week-end à Bercy, lors d'une finale Coupe du monde qu'il a achevé à la dixième place malgré un Grand Prix très décevant le vendredi. La force de l'habitude, de l'expérience et de l'analyse. 

"Je n’aurais pas beaucoup d’excitation à gagner avec un cheval déjà victorieux"

S'il n'a que 35 ans, Steve Guerdat - invité du magazine Horse Series ce lundi à 20h45 sur SFR Sport 3 - affiche l'un des plus beaux palmarès du plateau actuel : deux fois vainqueur de la finale Coupe du monde en 2015 et 2016, champion olympique en 2012 à Londres, champion d'Europe par équipe en 2009, ancien numéro 1 mondial (actuellement neuvième), le Suisse a déjà conquis tout le monde. Par ses résultats mais surtout par son équitation toute en délicatesse.

Le champion olympique 2012 est un adepte du travail de l'ombre, de ces heures, ces journées passées à former un cheval pour en révéler tout le potentiel. Dans un entretien accordé au journal Le Temps en octobre, Steve Guerdat affirmait que s'il avait été entraîneur de football, il aurait préféré formé des jeunes plutôt que d'acheter des stars. "J’éprouve énormément de plaisir à faire apparaître le potentiel qu’un cheval possède en lui, expliquait-il alors. En ce qui me concerne, c’est même pour ces moments-là que je travaille toute l’année. Je n’aurais personnellement pas beaucoup d’excitation à gagner avec un cheval déjà victorieux que j’aurais acheté très cher. Amener un cheval à la victoire, c’est une tout autre sensation et une bien plus belle récompense. On a réussi à comprendre l’animal et à lui faire comprendre qu’il peut le faire." Un retour aux sources parfois mis de côté par certains cadors du circuit.

Il travaille en famille

Promis aux plus belles heures depuis l'enfance, fils d'un cavalier professionnel (Philippe, actuel sélectionneur de l'équipe de France), le jeune homme était à bonne école. Mais n'a pas eu la tâche facile, rapidement envoyé en stage par son père dans des écuries où il devait lui même curer les boxes. C'est aussi cela, la formation. Philippe décide finalement d'entraîner son fils, une collaboration qui durera jusqu'aux 20 ans du cavalier. Steve Guerdat travaille en famille, avec un frère qui gère sa communication et une mère aux manettes pour son site officiel. Un cocon qui traduit aussi la modestie de celui qui, malgré les victoires, n'aura jamais oublié d'où il vient. Où va-t-il ? Vers des sommets qu'il a déjà atteints, dans un sport qui permet aux cavaliers de s'inscrire dans la durée.