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Coupe du monde (finale) : Werth n'en finit plus d'écrire sa légende

Panoramic

Deuxième du Grand Prix vendredi derrière l’Américaine Laura Graves, Isabell Werth n’en a pas moins perdu son statut de favorite de la finale Coupe du monde de dressage, dont la dernière épreuve se tient ce samedi (à partir de 14h sur SFR Sport 3). L’apanage d’une véritable légende. 

« Terminer à la première place, devant Isabell, c’est très effrayant », s’amusait Laura Graves ce vendredi, en sortant du Grand Prix, première des deux épreuves de la finale Coupe du monde de dressage à Bercy. L’Américaine a signé un record personnel sur cette épreuve de figures imposées (81,413), sur la selle de son Verdades. Une note qui lui permet surtout de devancer une légende, archi favorite d’une discipline qu’elle a fait sienne. 

Quelques fautes de Weihegold ont coûté la première place à Isabell Werth. Sa première place. L’Allemande, tenante du titre, est sortie de la piste avec une note presque modeste de 78,261. Presque modeste oui, pour celle qui cumule dix médailles olympiques et occupe actuellement les deux premières places du classement mondial avec deux chevaux différents. 

40 médailles internationales

Car la cavalière de 49 ans cumule… 40 médailles internationales. « Pas si mal, non ?, ironisait-elle avant l’entame de la compétition parisienne. Je n’y pense pas vraiment, et en tout cas pas à longueur de temps. J’éprouve une certaine fierté bien sûr quand on m’en parler. » Discours teinté de modestie de la part de celle qui se plait à rappeler ses réussites « en tant qu’entraîneur et formatrice de ces chevaux ». 

Avocate de formation avant de se consacrer pleinement à sa passion, Isabell Werth s’attache toujours à mettre en valeur ses autres activités. A la tête d’une véritable entreprise, l’Allemande a développé le don de repérer des talents. « Pour moi, la clé c’est de d’avoir une vision de chaque cheval individuellement, d’avoir de la patience et de tenter de faire de cette vision une réalité », expliquait-elle dans le magazine anglais Horse and Hound en septembre dernier. 

Les années dorées d'un couple d'exception

Celle qui se voyait au départ faire carrière dans le jumping aura formé avec Gigolo l’un des couples emblématiques de l’équitation moderne. Ensemble, ils ont conquis quatre titres olympiques (dressage par équipes à Barcelone en 1992, individuel et par équipes à Atlanta en 1996, par équipes à Sydney en 2000), deux médailles d’argent (individuel 1992 et 1996), quatre titres mondiaux (individuel et par équipes 1994 et 1998) et cinq sacres européens : tout simplement le couple le plus titré de l’histoire de ce sport. « A ce moment-là, je ne me rendais sans doute pas compte à quel point mon début de carrière était exceptionnel, avec un cheval comme Gigolo », confiera-t-elle plus tard. 

Dujardin, la grande rivale

En 2001, elle monte sa propre écurie à Rheinberg et part avec un nouveau piquet de chevaux. Une réussite, couronnée de deux titres mondiaux en 2006, de médailles d’or et d’argent aux Jeux Olympiques de Pékin en 2008… Ceux de 2012, elle ne les dispute pas pour cause de blessure de son Don Johnson. Quatre ans plus tard, Isabell Werth tombe sur un autre phénomène : Charlotte Dujardin qui, sacrée à Londres, conserve l’or à Rio avec sa merveille de Valegro. La Britannique, absente de cette finale parisienne, a dû se mettre en retrait pour préparer la succession de son crack… et a donc laissé le champ libre à l’Allemande. 

C’est un boulevard qui s’offre à la tenante du titre à Bercy, malgré quelques petits couacs lors de la première épreuve. Elle n’aurait même pas besoin de gagner pour entrer dans la légende. Figure dorée du dressage, Isabell Werth ne traîne finalement qu’une casserole : une suspension en 2009 après un contrôle positif de son cheval Whisper. Un traitement médical assure-t-elle alors. Ses performances ont, depuis, fait oublier cet épisode peu glorieux.