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Pourquoi le sacre de Froome est exceptionnel

Christopher Froome a remporté le premier Tour d'Espagne de sa carrière
Christopher Froome a remporté le premier Tour d'Espagne de sa carrière AFP

Christopher Froome a remporté le Tour d’Espagne ce dimanche un mois et demi après avoir été sacré sur le Tour de France. Une performance unique depuis que la Vuelta se dispute à la fin de l’été et qui n’a été réalisé qu’à deux reprises avant lui. 

Moins d’un mois et demi après avoir remporté son quatrième Tour de France, Christopher Froome a rallié Madrid en vainqueur, ce dimanche lors de la dernière étape du Tour d'Espagne remportée au sprint par de l'Italien Matteo Trentin (Quick Step Floors). Une grande première pour le Britannique qui collectionnait trois places de dauphin (2011, 2014 et 2016) et trois victoires avant de prendre le départ de Nîmes le 19 août dernier. Il a ajouté deux victoires d’étape cette année mais surtout une nouveau Grand Tour à son palmarès. Et bien plus que cela encore. 

Une première depuis Hinault en 1978

Car cette victoire finale est historique et quasiment inédite dans l’histoire du cyclisme. Froome est ainsi devenu le premier Britannique à remporter la Vuelta mais surtout le premier coureur à réussir le doublé Tour de France-Tour d’Espagne depuis Bernard Hinault en 1978 (il devient le troisième homme avec Jacques Anquetil en 1963). Il fallait remonter à 1998 pour retrouver trace d’un coureur remportant deux Grands Tours dans la même année, Marco Pantani (Tour de France-Tour d’Italie)

42 jours de course et 32 en leader en deux mois et demi

Dans les faits, sa prouesse est même inégalée. Depuis la reprogrammation du Tour d’Espagne après le Tour de France (depuis 1995, la Vuelta démarre en août alors qu’elle était programmée au printemps auparavant), réussir le doublé relève de l’impossible. Froome vient de le faire. Entre le départ du Tour de France et la conclusion du Tour d’Espagne, 72 jours se sont écoulés et Chris Froome en a passé 42 en course et a porté le maillot de leader pendant 32 jours. Incroyable.

Une performance historique et remarquable pour le coureur de 32 ans, au bord des larmes après avoir franchi le sommet de l’Angliru, samedi à l’issue de l’avant dernière étape. « C’est le Tour le plus dur que j’ai couru », a-t-il confié sur son compte Twitter. Comme sur la Grande Boucle, il a pu compter sur l’équipe la plus forte du plateau même si un éternel climat de suspicion entoure l’exceptionnel. 

La suspicion, toujours

Sur cette Vuelta, il y eut cette étrange vidéo du « vélo qui avance tout seul ». Rappelons aussi que la Sky est toujours sous le coup d’une enquête par les instances britanniques anti-dopage pour son utilisation régulière d’analgésique mais aussi pour la mystérieuse livraison d’un paquet sur le Critérium du Dauphiné en 2011. La publication des AUT de Bradley Wiggins par les Fancy Bears l’année dernière n’a fait qu’ajouter à la suspicion. Tant que rien n’est prouvé, le sportif prime et l’histoire est, ici, exceptionnelle.

Bientôt anobli ?

« Je pense qu’il mérite non seulement le titre de la personnalité de l’année mais aussi d’être fait chevalier, estime Sean Kelly, ancien vainqueur de la Vuelta (1988), sur Europsort. Je pense que Froome, actuellement, est très proche de figurer parmi les meilleurs coureurs de l’histoire aux côtés de Bernard Hinault ou de Miguel Indurain, des gars qui ont gagné cinq Tours de France mais aussi des Giro et des Vuelta. » Froome sait désormais à quel chantier s’attaquer : triompher enfin sur le Giro.