Bardet n'aime pas les sifflets du public contre Froome

Romain Bardet devant Chris Froome
Romain Bardet devant Chris Froome AFP

Troisième du général à l’heure du dernier jour de repos du Tour ce lundi, Romain Bardet a encore animé la quinzième étape ce dimanche sur les routes auvergnates. Une journée qui a aussi vu Chris Froome, porteur du Maillot Jaune, se faire invectiver par la foule. Ce qui n’a pas plu au coureur français.

Sur les terres de son rival français, il en a entendu des vertes et des pas mûres. Mais le garçon est habitué. Chahuté par le public auvergnat ce dimanche lors de la quinzième étape du Tour, avec notamment des sifflets nourris et des insultes dans la dernière ascension alors qu’il produisait un gros effort pour rentrer sur le groupe des favoris après un incident mécanique, Chris Froome l’avait joué grand prince une fois la ligne d’arrivée franchie : « C’était une étape dans le pays de Romain Bardet, on pouvait donc s’attendre à ce que la foule soit derrière lui. L’accueil sur les routes de France a été super cette année, étant donné aussi que les coureurs français ont animé la course. C’est super que les supporters soient autant engagés. »

« C’est un champion que l’on doit respecter, qui ne mérite pas ce traitement »

Un discours parfait pour éviter d’alimenter la polémique. Romain Bardet, lui, a pris moins de pincettes. Interrogé ce lundi matin, deuxième et dernier jour de repos de la Grande Boucle, sur son étape de la veille où il a encore été l’un des grands animateurs avec son équipe AG2R La Mondiale, l’actuel troisième du classement général s’est offusqué du comportement de cette partie du public qui s’en prend au triple vainqueur de l’épreuve. « C’était grand à vivre même s’il y a un petit bémol à ça. J’ai ouï dire que Froome s’était fait invectiver. J’en suis vraiment désolé, c’est un champion que l’on doit respecter, que je respecte en tant qu’adversaire, qui ne mérite pas ce traitement. »

Classe. Mais peut-être aussi une explication de ce qui manque à Bardet pour faire tomber « Froomey ». Car à force de le respecter, ce qui n’est pas un mauvais point en soi à la base, on en vient à ne plus vouloir l’attaquer quand on devrait le faire pour grappiller le plus de temps possible, à l’image de cet instant où le leader d’AG2R n’a pas osé mettre un coup alors que Froome et Fabio Aru, ses deux devanciers au général, avaient tiré tout droit vers des camping-cars dans la descente du Port de Balès lors de la première journée. Une erreur technique qui n’a pas porté préjudice au grand escogriffe britannique grâce au fair-play de Bardet & co. Le Français avait alors précisé qu’il ne souhait « pas gagner comme ça ». On espère juste pour lui qu’il ne va pas perdre comme ça. Les gentils garçons ne finissent pas premiers, comme on dit.