<

Dopage : Wiggins se défend après le rapport très accusatoire du Parlement

Bradley Wiggins en 2017
Bradley Wiggins en 2017 Panoramic

Après une longue enquête sur les AUT accordées à Bradley Wiggins en 2011, 2012 (année de sa victoire sur le Tour de France) et 2013, le rapport de la commission parlementaire a fuité dans la presse britannique. Il accuse notamment le Team Sky d’avoir utilisé des médicaments aux propriétés dopantes sans réelle raison médicale. « Wiggo » a pris la plume sur Twitter pour se défendre.

L’étau se resserre pour Team Sky et… Bradley Wiggins. Alors que Chris Froome est au cœur d’une grosse polémique depuis mi-décembre suite à son contrôle anormal au salbutamol sur la dernière Vuelta, le cas du vainqueur du Tour de France 2012 revient au centre de l’actualité ce lundi avec les révélations de la presse britannique sur les conclusions du rapport de la commission digital, culture, médias et sport (DMCS) de la Chambre des communes (Parlement britannique) sur les pratiques médicales de l’équipe britannique. Rédigé sur la base de témoignages de membres de Sky (dont son manager Sir Dave Brailsford, Wiggins mais aussi le directeur technique Shane Sutton), de la Fédération britannique et de l’agence antidopage britannique alors que le DMCS enquêtait sur les autorisations à usage thérapeutiques (AUT) controversées accordés à « Wiggo » en 2011, 2012 et 2013 mais aussi sur l’affaire du colis livré lors du Dauphiné 2011, ce rapport pointe des manquements « inexcusables et non professionnels » en matière de lutte antidopage.

Il explique ainsi que Sky et Wiggins ont utilisé un puissant corticostéroïde (triamcinolone) sous couvert d’excuse médicale pour remporter la Grande Boucle 2012, une conclusion déjà tirée par une enquête de SFR Sport/RMC Sport à l’automne 2016. « Le but n’était pas de traiter un besoin médical mais d’améliorer le ratio poids-puissance avant la course, explique le rapport cité par le quotidien britannique. L’AUT obtenue par Bradley Wiggins pour la triamcinolone veut également dire qu’il a bénéficié des propriétés dopantes de ce médicament pendant la course. Cela ne constitue pas une violation du code de l’agence mondiale antidopage mais cela dépasse la ligne éthique que David Brailsford avait lui-même instauré pour le Team Sky. Dans ce cas, et contrairement au témoignage de Brailsford devant la commission, nous croyons que ces médicaments étaient utilisés par Sky, à l’intérieur du cadre des règles de l’AMA, pour améliorer les performances des coureurs et pas seulement pour traiter un besoin médical. »

Le rapport prétend également que la plupart des parlementaires ayant participé à cette commission trouvent « hautement improbable » l’explication de Sky sur la livraison du colis suspect sur le Dauphiné 2011 et qu’ils ont été mis au courant de nouvelles preuves que ce paquet contenait bien de la triamcinolone, un corticostéroïde, et non le décongestionnant fluimucil comme l’affirme le staff de l’équipe qui a remporté cinq des six derniers Tours. « Si c’était prouvé et que la triamcinolone a été administrée à Wiggins à ce moment-là, cela serait une violation des règles antidopage (son AUT pour ce produit démarrait plus tard, ndlr) », conclut le quotidien britannique. Une « bombe » à laquelle le principal intéressé n’a pas tardé à réagir. « Je trouve triste que des gens puissent être accusés pour des choses qu’ils n’ont jamais faites et qui sont ensuite considérées comme des faits, a écrit le quintuple champion olympique (piste et route) sur son compte Twitter. Je réfute fermement l’accusation selon laquelle des médicaments ont été utilisés sans raison médicale. » 

Une défense reprise par la Sky, qui « assume des erreurs » notamment sur « la tenue des bilans médicaux » de ses coureurs, dans un communiqué : « Le rapport prétend que des médicaments ont été utilisés pour améliorer les performances. Nous réfutons fortement cela, tout comme l’utilisation répandue de triamcinolone dans l’équipe avant le Tour de France 2012. Nous sommes surpris et déçus que la commission ait décodé de présenter cette accusation anonyme et mal intentionnée de cette façon, sans avance de preuves ou nous donner l’opportunité de répondre. Ce n’est pas juste pour l’équipe et les coureurs en question. Nous prenons nos responsabilités envers ce sport très sérieusement. Nous sommes engagés à créer un environnement où les coureurs peuvent performer au mieux de leurs capacités de façon propre. » Wiggins et la Sky ont beau jeu de se défendre mais ce rapport parlementaire fera quoi qu’il arrive très mal à leur réputation. Et n’aidera pas, par ricochets, Froome à calmer ses pourfendeurs.