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Fuglsang, la surprise du chef

Jakob Fuglsang
Jakob Fuglsang AFP

Vainqueur au sommet du plateau de Solaison ce dimanche, Jakob Fuglsang a profité de la bonification pour doubler Richie Porte et remporter le Dauphiné à l’issue de sa dernière étape. A 32 ans, le Danois se découvre de grandes qualités de leader sur les courses à étapes. Il sera l’un des outsiders du Tour de France en juillet, où il sera l'un des deux leaders de l'équipe Astana avec l'Italien Fabio Aru. 

L’équipier modèle s’est mué en leader. Et du haut de ses trente-deux ans, ça lui sied bien au teint. Auteur d’une dernière étape magnifique ce dimanche, où il a su décrocher tous ses rivaux en suivant l’attaque de l’Irlandais Daniel Martin (Quick Sep) à 7,5 kilomètres de l’arrivée au sommet du plateau de Solaison, Jakob Fuglsang a fait mieux que confirmer son statut de belle surprise de ce Dauphiné, où le médaillé d'argent de la course en ligne des Jeux de Rio avait déjà triomphé lors de la sixième à La Motte-Servolex. En remportant la huitième et dernière étape et en reléguant Richie Porte (BMC) à plus d’une minute et Chris Froome (Sky) à 1’35’’, le coureur danois de l’équipe Astana a tout simplement renversé la table pour s’offrir sa plus belle victoire en carrière. Troisième ce dimanche matin, l’ancien lieutenant de Vincenzo Nibali a endossé le maillot de leader au meilleur des moments pour signer un septième succès en carrière dans des courses à étape, le premier en World Tour (il a remporté un Tour d’Autriche, trois Tours du Danemark, un Tour du Luxembourg et un Tour de Slovénie).

On ne va pas se mentir, la performance peut surprendre dans un milieu où chat échaudé craint l’eau froid… Mais au moins, le terrain correspond à ses paroles, lui qui avait annoncé viser un « top 5 » au prochain Tour de France, dont il devait être le leader pour Astana en l’absence de Fabio Aru. Problème ? Forfait pour le Giro en raison d’une blessure au genou, l’Italien sera bien présent en juillet sur les routes de la Grande Boucle. Alors, quel leader pour Astana dans la plus grande course au monde ? Fuglsang ? Aru ? Le résultat brut de ce Dauphiné, avec un Fabio cinquième à 1’37’’ de son coéquipier, tend à faire pencher la balance côté danois. La vérité se situera sans doute plus dans la nuance et le partage avec une sorte d'aigle à deux têtes où chacun jouera sa chance jusqu’à ce que les circonstances de course et/ou le classement poussent l’un des deux à se mettre en retrait pour aider son partenaire.

Et les autres favoris dans tout ça ? Parti sixième dimanche matin, Romain Bardet (AG2R) n’a pas réussi à grimper dans la hiérarchie mais montré des jambes qui donnent envie de le revoir vite sur le Tour. Si Froome, finalement quatrième de l’épreuve, a encore déçu, la frustration doit être encore plus immense pour Porte. Ultra favori pour la gagne depuis le chrono individuel du milieu de semaine, l’Australien aura craqué le dernier jour, incapable de suivre une accélération dans la Colombière, même s’il a bien limité les dégâts sur la fin d’étape pour finalement échouer à dix secondes – merci la bonification pour le Danois – de Fuglsang. Un coup de yo-yo qui ne rassure pas totalement en perspective d’une Grande Boucle où on l’annonce comme le principal rival de Froome. A moins que Fuglsang, qui n'a jamais fait mieux qu'une septième place sur le Tour en 2013, ne pousse la surprise de juin jusqu’en juillet et d’une à trois semaines…