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Froome doit-il s’inquiéter pour le Tour ?

Chris Froome
Chris Froome AFP

Deuxième du général ce dimanche matin, Chris Froome a finalement conclu le Dauphiné au quatrième rang suite à une dernière étape où il aura encore souffert. De quoi interroger : le Britannique de la Sky, qui avait toujours remporté cette épreuve avant ses trois Tours de France victorieux, sera-t-il au top pour défendre sa couronne en juillet ?

Les optimistes évoqueront son accélération à quelques hectomètres du sommet de la Colombière, qui a décroché son ancien lieutenant et nouveau rival Richie Porte, et ses descentes à toute berzingue, seuls rayons de soleil éclatant de sa semaine. Les pessimistes préfèreront rappeler son chrono raté, la façon dont l’Australien l’a décroché sur l’Alpe d’Huez ou la fin de la dernière étape, ce dimanche, quand un Porte esseulé et distancé à 1’15’’ au pied du plateau de Solaison a fini par le rattraper dans la montée. Les superstitieux, eux, opteront plutôt pour un réalisme froid nimbé des souvenirs du passé : à chaque fois que Chris Froome a remporté le Tour de France, en 2013, 2015 et 2016, il avait remporté le Dauphiné quelques semaines auparavant. Pas cette année. 

Il n’a même pas trouvé place sur le podium, doublé par l’étonnant Jakob Fuglsang et Daniel Martin à la faveur de la dernière étape et quatrième au final. Quand il arrivera à Düsseldorf, cadre du départ de la Grande Boucle le 1er juillet, le leader britannique de la Sky ne pourra pas s’appuyer sur les certitudes fortes qui avaient accompagné son approche de ses trois Tours triomphants. Motif d’inquiétude ? Forcément. Même si tous ont rappelé une évidence tout au long du Dauphiné : le « Froomey » de juin n’est pas celui de juillet. « Chris sera à un autre niveau sur le Tour, soyez-en sûrs. Il sait ce que c’est que de gagner cette course », a insisté Porte presque tous les jours. Une façon, aussi, de garder la pression sur les épaules du triple vainqueur de la Grande Boucle.

« Ce n’est qu’une étape avant son grand objectif de l’année, appuie Nicolas Portal, directeur sportif de l’équipe britannique. L’important pour lui, à l’heure actuelle, c’est d’être en course, faire des efforts, tourner les jambes et gagner en vitesse et en rythme. » Les paroles des uns et des autres se veulent rassurantes. Mais les questions se multiplient. A-t-il plus forcé que d’habitude sur travail spécifique avant le Dauphiné, hypothéquant ses chances sur la course d’une semaine pour mieux monter en puissance sur celle de trois ?

A-t-il été perturbé par les rumeurs, qu’il a dû nier en cours d’épreuve, annonçant sa volonté de rejoindre BMC – l’équipe de Porte – la saison prochaine ? Est-il tout simplement moins fort, moins puissant dans les cimes, du haut de ses trente-deux ans ? A le voir en course cette semaine, la troisième solution semble  tout sauf impossible. Il n’en aura pas dit beaucoup plus à l’heure de commenter son Dauphiné sur son compte Twitter ce dimanche : « J’ai tout donné aujourd’hui ! Merci à mon équipe pour une bonne semaine de course à fond. Direction juillet ! » Peut-être faut-il juste lire entre les lignes et se dire que le Froome 2017 n’est pas le Froome 2013, 2015 ou 2016. Mais peut-être faut-il comprendre autre chose, la vérité d’un instant où il se sait en danger sur le Tour (où la Sky arborera une tunique spéciale de couleur blanche, que le garçon espérera changer en Maillot Jaune) face à des rivaux remontés pour le faire chuter de son trône. Une seule certitude, il faudra attendre juillet pour avoir des réponses.