ASVEL-Paris-Levallois : le rêve américain de Poirier

Vincent Poirier lors de sa Summer League NBA avec le Orlando Magic
Vincent Poirier lors de sa Summer League NBA avec le Orlando Magic AFP

Meilleur rebondeur de Pro A, Vincent Poirier est le symbole d’un Paris-Levallois qui a bien débuté sa saison (4-4) avant son déplacement sur le parquet de Villeurbanne ce samedi (en direct à partir de 20h30 sur SFR Sport 2). Des performances qui rapprochent le pivot français de son objectif personnel : la NBA.

 « Un futur n’est rien d’autre qu’un présent bien organisé ». L’expression, signée de la bouche de Claude Bergeaud, ancien sélectionneur national aujourd’hui consultant pour SFR Sport, résume en quelques mots la situation de Vincent Poirier. A 23 ans, le géant français trimballe sa grande carcasse – 2,12 mètres – dans les raquettes de Pro A avec dans un coin de la tête cette NBA qu’il a érigée en objectif personnel. Et vu ses performances, le rêve pourrait vite virer à la réalité. Actuel meilleur rebondeur du championnat (10,38 prises par match) et neuvième (troisième Français) à l’évaluation (17,38 de moyenne par match), troisième marqueur de son équipe (11,6 points par match), le pivot du Paris-Levallois confirme en ce début d’exercice les bonnes dispositions affichées en fin de saison dernière.

A peine six années de basket dans les jambes

« Je me suis fixé comme objectif d’être dans le top 3 des rebondeurs, confiait-il mi-octobre dans l’émission « Basket Time » sur RMC. Après, si je peux être le meilleur, je le ferai. Le coach me fait confiance et me donne des minutes, c’est ce que je voulais, et j’essaie d’apporter à l’équipe comme je peux. On a un peu les clés de la maison donc on essaie de tout faire pour que ça marche et pour l’instant, c’est bon. » Le bon début de saison du PL, qui présente un bilan équilibré (4-4) avant le déplacement sur le parquet de l’ASVEL ce samedi, est là pour en témoigner. Ses performances individuelles aussi. La suite logique d’une ascension express pour cet ancien footballeur qui n’a que six années de basket derrière lui (!) après avoir commencé à pratiquer ce sport au lycée mais qui a déjà connu deux étés avec l’équipe de France A’

Vincent Poirier lors de la Summer League NBA avec le Orlando Magic
Vincent Poirier lors de la Summer League NBA avec le Orlando Magic AFP

L’an prochain, à la faveur des nouvelles fenêtres internationales en cours de saison, ce sont les Bleus, les vrais, que pourrait découvrir le natif de Clamart (92) qui a passé son enfance à Guermantes (77). Et la NBA ? Pourquoi pas. Le grand escogriffe a en tout cas pu en humer le parfum cet été en participant aux camps des San Antonio Spurs et des Dallas Mavericks avant de prendre part à la Summer League avec le Orlando Magic. « Ça s’est bien passé, résume Poirier. J’ai réussi à montrer des trucs que je savais faire. Il y a un match par jour donc c’est fatiguant même si là-bas tu as tout pour récupérer au mieux. J’ai réussi à faire un double-double (plus de dix dans deux unités statistiques, ndlr) lors d’un match. Je pense que le coach était assez content de moi mais ils n’ont pas le temps de parler individuellement à chacun. C’était une bonne expérience. On touche la NBA du bout du doigt donc ça fait rêver. » 

« Le NBA ? Avec du travail, c’est faisable »

Une découverte qui lui a permis de mesurer le chemin restant à parcourir comme l’a raconté sur le site de la LNB celui qui est régulièrement suivi par des scouts (recruteurs) de la ligue US : « Le but, c’était de me montrer. Là-bas, ils aiment les grands qui courent. (…) Je ne me disais pas : ‘‘Il me faut absolument un contrat NBA’’. Je suis ressorti en me disant qu’il me manquait encore des choses mais je n’ai pas trouvé qu’il y avait un monde d’écart. Avec du travail, c’est faisable. Je suis reparti pour la saison en me disant : ‘‘Cette année, il faut que je déchire tout et on verra ce qu’il se passe’’.  La NBA, je n’irai peut-être pas demain mais je ne vois pas pourquoi je n’aurai pas l’occasion d’y aller si je continue à travailler. Je pense que j’ai les capacités pour y aller. » Désormais trop vieux pour être drafté, le garçon devra taper dans l’œil d’une franchise et repasser par la case Summer League pour voir la porte s’ouvrir. 

« Pour l’instant, tout m’est tombé dessus sans que je ne demande rien »

Cela passera donc forcément, et l’intéressé le sait, par un exercice réussi avec le PL. « Je pense d’abord à faire une bonne saison avec Paris, expliquait-t-il dans ‘‘Basket Time’’. Après, beaucoup de choses peuvent se passer. Pour l’instant, on est sur une bonne pente et on va surtout penser à cette année. C’est la première saison où je vais avoir des responsabilités, où je vais pouvoir beaucoup jouer et montrer ce que je sais faire. » Et de conclure sur le site de la LNB : « Je veux montrer que je peux être dominant et avoir un impact sur le jeu. C’est ma dernière année de contrat. Pour la suite, je ne sais pas. (…) Jusqu’à présent, tout m’est tombé dessus sans que je ne demande rien. » Dans le basket, c’est souvent le cas pour les grandes tiges talentueuses. Pour poursuivre l’ascension, reste ensuite à travailler. Ça tombe bien : Poirier n’est pas du genre à rechigner à la tâche.