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Final Four : les jours de gloire de Joakim Noah

Joakim Noah lors de son titre en 2007
Joakim Noah lors de son titre en 2007 AFP

Il y a dix ans, Joakim Noah signait l’un des plus grands exploits de la March Madness (dont le Final Four sera diffusé en direct sur SFR Sport 2, dans la nuit de samedi à dimanche à partir de minuit) en remportant le tournoi universitaire pour la deuxième année consécutive avec son équipe de Florida. Et en devenant au passage le premier Français à décrocher ce titre. Le pivot était alors l’une des clés de voûte de l’université et l’un des joueurs les plus courtisés par la NBA qu’il a finalement rejointe en 2007, après l’avoir snobée un an plus tôt pour construire sa légende et son palmarès. 

Pour sa première saison à New York, Joakim Noah a traversé plusieurs épreuves compliquées entre des blessures à répétition et sa récente suspension pour 20 matches en raison de la prise d’un complément alimentaire sans ordonnance. Il y a dix ans, le pivot français vivait peut-être le moment le plus fort de sa carrière. Il ne jouait pas encore en NBA mais affolait les écuries de la ligue depuis un an déjà. C’était la bonne époque, celle de sa carrière universitaire où il a vécu ses plus belles heures.

Meilleur marqueur, deuxième rebondeur

Né à New York en 1985, « Jooks » a vécu aux Etats-Unis jusqu’à ses trois ans avant d’y revenir dix ans plus tard. Le fils de Yannick a donc embrassé une carrière universitaire en passant par les équipes high-school, puis NCAA (National Collegiate Athletic Association). C’est ainsi qu’il avait rejoint l’université de Florida en 2004. D’abord ‘freshman’ (première saison en 2004-2005), il explose la saison suivante en devenant pivot-titulaire après le départ de David Lee et termine meilleur marqueur de l’équipe (14,2 pts) et deuxième rebondeur (7,1). 

Meilleur joueur de la finale 2006

Dans une équipe pilotée par Billy Donovan, actuel entraîneur d’Oklahoma City, Noah s’épanouit aux côtés d’Al Horford (Boston) ou Corey Brewer (LA Lakers), des joueurs courtisés par la prestigieuse NBA. Ensemble, ils font voler les Gators qui remportent 24 de leurs 30 matches en saison régulière de la SouthEastern Conference (SEC). Un état de grâce que Florida prolonge lors de la March Madness quand l’équipe écarte successivement Georgetown, Villanova, puis la prestigieuse UCLA en finale au cours de laquelle Noah inscrit 16 points, décroche 9 rebonds et délivre 6 contres (record en finale NCAA). Une performance qui lui vaut d’être nommé Most Outstanding Player (joueur le plus remarquable ou meilleur joueur) du Final Four

Noah éconduit les monstres de la NBA

Cela lui vaut aussi de frapper à la porte de la NBA. Ou plutôt l’inverse. Les franchises de la Ligue affluent du côté de la petite ville de Gainesville pour s’arracher ses meilleurs talents. Mais ces derniers choisissent de les snober et de repartir pour un tour en NCAA. Un choix incompréhensible pour beaucoup et largement critiqué à l’époque. Mais un choix gagnant dicté par la vie d’un collectif ultra soudé. 

« Le joueur le plus détesté du basket universitaire »

Cela lui vaut d’être davantage exposé la saison suivante. Adoré ou détesté, Noah ne laisse pas indifférent par son goût du « trash-talking » et son style de « combattant jusqu’à la mort » qui amuse ou agace. « C'est le joueur le plus détesté du basket universitaire », estime même son coéquipier, Corey Brewer, à l’époque. Cela se ressent sur ses performances en demi-teinte lors de la saison régulière (12pts, 8,4rbds de moyenne). 

AFP

Mais Florida s’appuie sur un collectif très fort et tellement bien huilé que rien ni personne ne lui résiste. Les Gators signent le doublé en s’imposant face à Ohio State (84-75). Un exploit qui n’avait plus été réalisé depuis 1992 par Duke. Noah justifie son choix d’être resté une saison supplémentaire dans le giron universitaire où il a certainement vécu ses plus belles émotions en devenant, au passage, le seul et unique Français à décrocher le titre suprême universitaire. 

Le trio le plus haut jamais drafté

Quelques mois plus tard, il embrasse finalement le destin de la NBA en étant drafté en neuvième position par les Chicago Bulls alors que son coéquipier Al Horford avait été drafté en troisième position par Atlanta et Brewer en 7e par Minnesota. Jamais un trio d’une même université avait été choisi aussi haut dans l’histoire de la draft. 

Neuf ans plus tard Joakim Noah a accédé à l’un de ses autres rêves : celui de jouer dans son équipe préférée, les New York Knicks. Avant de quitter les Bulls, il avait adressé une lettre d’adieu aux fans de Chicago pour les remercier de l’avoir accompagné lors « des plus belles années de sa vie ». Pas les plus insouciantes.