Final Four : Tillie, une défaite qui fera grandir

Killian Tillie (Gonzaga) lors de la finale universitaire face à North Carolina
Killian Tillie (Gonzaga) lors de la finale universitaire face à North Carolina AFP

Il n’aura pas obtenu la prestigieuse couronne universitaire. Mais pour sa première saison en NCAA, Killian Tillie aura vécu une aventure rare. L’ailier-fort français de 19 ans de Gonzaga, fac présente pour la première fois au Final Four, n’aura échoué qu’en finale, ce lundi face à North Carolina, au terme d’une rencontre où il aura peu brillé offensivement mais où il se sera montré précieux au rebond avec neuf prises.

Il y avait plus de 70.000 spectateurs. Les flashes, les caméras et l’attention de l’Amérique pour l’un de ses plus célèbres rendez-vous sportifs annuels. Le frangin Kevin, volleyeur international, dans les tribunes le bras gauche maintenu pour cause de blessure à l’épaule. Et l’œil, un peu endormi vu l’horaire, bienveillant de tout le basket français pour le couver. Killian Tillie a vécu un moment rare dans une carrière, voire unique, ce lundi soir à Phoenix. Pour sa première saison universitaire, l’ailier-fort français a pu découvrir l’ambiance survoltée du Final Four et ses matches à très haute pression. Et il n’a pas été inhibé par ce contexte.

Pas efficace en attaque mais présent au rebond

Après avoir mis deux lancers francs décisifs en demi-finale face à South Carolina, le joueur de Gonzaga – école qui n’avait jamais disputé le Final Four avant cette saison – n’a cette fois pas influencé le money time dans un match qui a vu North Carolina briser son rêve et celui de ses coéquipiers. Mais il avait fait sentir sa présence avant cela. Profitant des problèmes de fautes des autres intérieurs des Zags, le fils de Laurent (sélectionneur national du volley) et frère de Kevin et Kim (international de basket) a passé près de dix minutes sur le parquet en seconde période après en avoir joué moins de cinq en première.

S’il n’a pas brillé offensivement, avec un seul point qui lui permet de devenir le deuxième Français à marquer en finale NCAA après Joakim Noah titré en 2006 et 2007 avec Florida, mais aussi trois tirs ratés, un contre sous le cercle infligé par un joueur adverse et une balle perdue sur une tentative de passe lobée trop osée, Tillie a par contre fait le boulot au rebond avec neuf prises (dont deux offensives), sa deuxième meilleure performance de la saison. Il a tenu la baraque en défense et suscité les applaudissements des fans de Gonzaga pour son dévouement lorsqu’il s’est jeté au sol sous le cercle pour récupérer la gonfle et glisser une passe décisive à Przemel Karnowski.

Autant de points positifs sur lesquels le MVP de l’Euro U16 en 2014 pourra s’appuyer en vue d’une deuxième saison où son temps de jeu devrait grandir. Mais en attendant, et en toute logique, c’est la déception d’être passé à deux doigts de la couronne qui risque de prédominer. Et Kevin, qui ne cachait pas sa fierté devant la performance du petit frère, pourra ‘‘chambrer’’ dans les prochaines réunions de famille : le volleyeur avait été titré dès sa première saison NCAA avec UC-Irvine en 2011 avant de réaliser le doublé en 2012.