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Final Four : les Carolina, une histoire de vieil habitué et de bizuth

La joie des joueurs de South Carolina après leur qualification pour le Final Four
La joie des joueurs de South Carolina après leur qualification pour le Final Four AFP

Pour la première fois de l’histoire, North Carolina et South Carolina vont se retrouver ce week-end pour disputer ensemble un Final Four NCAA (à suivre en direct sur SFR Sport 2 à partir de minuit dimanche). SFR Sport a passé les représentants des deux Carolines au banc d’essai.

Alors, c’est qui la meilleure Caroline ? Celle du Nord ou celle du Sud ? Pour la première fois de l’histoire, logique vu le pedigree du second, North Carolina et South Carolina se retrouvent pour disputer le Final Four NCAA. L’occasion d’un banc d’essai entre le vieil habitué et le bizuth, qui ne sont pas des rivaux historiques, ce rôle étant plutôt dévolu à Duke ou North Carolina State (université d’Etat) pour North Carolina. Deux équipes qui comme Oregon et Gonzaga, leurs adversaires respectifs en demi-finale, n'auront qu’un but ce week-end : repartir de Phoenix avec le titre universitaire en poche.

Expérience et place dans l’histoire : avantage North

Il aura fallu quatre victoires aux Gamecocks pour obtenir leur ticket pour le Final Four. Soit deux fois plus de succès dans le tournoi NCAA que dans… toute l’histoire de l’école (si l’on n’englobe pas les « consolantes » régionales de pré-1975, ce qui permet de pousser le total à quatre) ! Apparue seulement neuf fois dans le tournoi, dont la dernière avant 2017 en 2004, l’université de South Carolina n’y avait plus gagné un match depuis 1973. Membre de la puissante conférence SEC, dont des représentants brillent chaque année dans le football américain universitaire, South Carolina n’avait jamais réuni les ingrédients pour grimper vers les sommets. C’est désormais chose faite. Une habitude côté North Carolina. Les Tar Heels disputent cette année leur quarante-quatrième tournoi NCAA. Et vont prendre part à leur vingtième Final Four avec l’ambition de coiffer une sixième couronne nationale après 1957, 1982, 1993, 2005 et 2009. Le tout avec l’envie de venger leur défaite à la dernière seconde de la finale l’an dernier face à Villanova. Mais au fait, les deux se sont-ils déjà joués dans le tournoi ? Oui. En 1972 en demi-finale de la région Est. Pour une victoire 92-69 de North Carolina. Quelque chose nous dit que l’écart serait moins important s’ils se retrouvaient en finale cette année.

Les joueurs de North Carolina célèbrent leur qualification pour le Final Four 2017
Les joueurs de North Carolina célèbrent leur qualification pour le Final Four 2017 AFP

Joueurs de légende du passé : avantage North

D’un côté, une liste de grands noms qui ont fait les beaux jours de la NBA, certains terminant même au Hall of Fame du basket : Bob McAdoo, James Worthy, Michael Jordan, Vince Carter, Rasheed Wallace, Ty Lawson, et on en passe. A l’image de Harrison Barnes aux Dallas Mavericks, les anciens joueurs de North Carolina sont encore plusieurs à évoluer dans la grande ligue US. A l’opposé, South Carolina n’a jamais été un grand pourvoyeur de talents pour la NBA avec à peine une vingtaine d’anciens Gamecocks passés par le championnat le plus emblématique de la planète balle orange. Les grands noms du passé ? Moins clinquants que ceux de la face plus au nord avec Renaldo Balkman, Alex English ou encore Mike Dunleavy Sr. Et selon les statistiques tenues par le site RealGM, aucun ancien représentant de South Carolina n’évolue cette saison dans la ligue américaine.

Le tir de la gagne de Michael Jordan pour North Carolina lors de la finale universitaire 1982
Le tir de la gagne de Michael Jordan pour North Carolina lors de la finale universitaire 1982

Approche du Final Four 2017 : avantage South

Quand la force de l’habitude devient une faiblesse… Seule université du Final Four 2017 à avoir régulièrement connu ce niveau de la compétition, North Carolina ne peut pas viser autre chose que le titre. Surtout après sa défaite à la dernière seconde contre Villanova en finale l’an dernier. Pour les Tar Heels de cette saison, toute autre chose qu’une participation au Final Four aurait été vu comme un échec. Et désormais, tout autre résultat qu’un couronnement à Phoenix entrerait presque dans la même catégorie. Cela met une drôle de pression sur les épaules, même pour une école habituée à la chose et dont le coach Roy Williams, à la tête de l’équipe depuis 2003 et membre des Halls of Fame du basket et du sport universitaire US, saura trouver les mots pour mettre éviter à ses troupes de trop gamberger avant leur demie contre Oregon. Tout l’inverse de ce que vont ressentir les Gamecocks, quoi. A l’orée de cette saison, les imaginer au Final Four relevait du rêve utopique de supporter. Lors du tournoi, hormis lors du premier tour face à Marquette, beaucoup prédisaient la défaite de la tête de série numéro 7 de la région Est à chaque étape. Mais ils ont passé Duke. Puis Baylor et Florida. Le genre de parcours qui vous fabrique une confiance XXL. Désormais, c’est Gonzaga qui les attend. Et qui sera encore favori. South Carolina n’a rien à perdre. C’est ce qui les rend si dangereux.