<

Final Four : ces six souvenirs qui ont fait la légende

Michael Jordan plante le tir de la gagne pour North Carolina lors de la finale du Final Four 1982
Michael Jordan plante le tir de la gagne pour North Carolina lors de la finale du Final Four 1982 AFP

Disputé ce week-end à Phoenix (à suivre en direct sur SFR Sport 2), le Final Four du basket universitaire est un événement incontournable du calendrier annuel des sports US. Retour sur six épisodes qui ont aidé à faire de cette finale à quatre qui conclut le tournoi NCAA un monument.

1966 : Texas Western écrit l’histoire

Si la fac a changé de nom depuis pour prendre l’appellation UTEP, Texas Western restera à jamais un nom qui aura marqué l’histoire du Final Four. En battant Kentucky en finale (72-65), l’université texane devient la première – et toujours la seule jusqu’ici – école de son Etat à remporter le titre NCAA en basket. Mais c’est une autre particularité qui lui garde une place éternelle dans le grand livre de la compétition. Menés par le coach Don Haskins, qui terminera au Hall of Fame du basket en 1997 avant que toute l’équipe n’y soit intronisée en 2007, les Miners remportent la couronne (72-65) avec un cinq majeur 100% afro-américain. Une première dans l’histoire du tournoi universitaire.

Clin d’œil du destin, leur dernier obstacle sur la route du sacre, Kentucky, ne présentait que des joueurs blancs. White men can’t jump, diront les plus facétieux pour citer un film mythique de l’univers basket. On préférera évoquer le titre d’un autre (et également d’un livre) : Glory Road, le film inspiré de l’aventure de Texas Western en 1966. Qui avait bien mérité d’être immortalisé sur la pellicule. Pour voir un coach afro-américain titré au Final Four, il faudra attendre 18 ans de plus : John Thompson avec Georgetown en 1984.

1979 : Magic-Bird, duel pour l’éternité

Aux yeux de tous les observateurs ou presque, c’est LA finale qui a construit la hype autour du Final Four. La raison ? Elle est simple. Le titre se dispute entre Michigan State et Indiana State. La première université est menée par un certain Earvin « Magic » Johnson. La seconde a pour leader un dénommé Larry Bird. Avant d’enflammer les parquets de la NBA, la rivalité entre les deux superstars du basket US des années 80 a débuté sur les bancs de la fac. Arrivée avec un bilan immaculé sur la saison, Indiana State tombera (75-64) sous les assauts de Magic, meilleur marqueur de la rencontre (24 points) et élu MOP (meilleur joueur) du Final Four pour le premier titre de l’histoire de son école. Bird prendra sa revanche cinq ans plus tard quand ses Celtics battront les Lakers de Johnson – avec Larry élu MVP – lors de la première de leurs trois finales NBA où ils seront opposés.

1982 : la légende de Jordan débute

C’est un shoot iconique, gravé dans la mémoire de tous les fans de basket. Dix-sept secondes à jouer dans la finale NCAA 1982 entre North Carolina et Georgetown, où évolue la future star des New York Knicks, Patrick Ewing, au poste de pivot. Dans le coin gauche (quand on regarde le panier), un joueur de 19 ans de North Carolina reçoit le cuir et n’hésite pas une seconde. L’exécution est parfaite. La cloche formée par le tir, idéale. Switch. Et Freddy Brown de tuer les derniers espoirs de Georgetown, à qui il restait encore quinze secondes pour renverser la donne, en faisant une passe à… un adversaire pour sceller le deuxième titre de l’histoire des Tar Heels (63-62). Le nom du héros auteur du tir décisif ? Michael Jordan. La légende débute. Elle connaîtra encore bien d’autres épisodes.

1983 : un airball transformé en… dunk de la gagne

Un an après le sacre de Michael Jordan et North Carolina, c’est North Carolina State qui remporte la couronne au bout d’un parcours inattendu et improbable. Et ce jusqu’à la dernière seconde. Alors que le score est de 52-52 au bout de la finale contre les Houston Cougars, immenses favoris avec dans leurs rangs Akeem Olajuwon (il n’y avait pas de H à son prénom à l’époque), Clyde Drexler ou encore la future légende de Limoges Michael Young (les trois formaient la Phi Slamma Jamma, référence aux confréries universitaires, avec Larry Micheaux et Benny Anders), Dereck Whittenburg tente un tir de la dernière chance de très, très loin. Son ballon ne touchera même pas le cercle… Airball. Avant que Lorenzo Charles ne parvienne à le reprendre pour le dunker dans le cercle alors que l’horloge affiche la dernière seconde. Un finish incroyable.

1993 : Webber, le temps(-mort) des regrets

Un an après sa défaite contre Duke en finale, le « Fab Five » – Chris Webber, Jalen Rose, Juwan Howard, Jimmy King et Ray Jackson – porte encore Michigan à la dernière marche avant un sacre qu’on leur promet depuis deux ans. Mais leurs espoirs vont exploser face à North Carolina dans l’un des moments les plus inoubliables de l’histoire du basket universitaire US. A vingt secondes de la fin du match, et alors que ses Wolverines comptent un retard de deux points, Webber récupère le rebond sur un lancer-franc raté des Tar Heels.

 Après un moment d’hésitation sur ce qu’il doit faire, et un marcher évident non sifflé par les arbitres qui rend dingue le banc de North Carolina, celui qui sera le numéro 1 de la draft au mois de juin suivant remonte le terrain mais tombe dans le piège de la prise à deux préparée par les joueurs de coach Dean Smith. Avant de demander un temps-mort… alors que son équipe n’en a plus ! Faute technique. Et deux lancers (réussis) plus la possession, où ils rajouteront deux points, pour des Tar Heels qui n’en demandaient pas tant et empochent le troisième titre de leur histoire (77-71). Regrets éternels et tache indélébile dans la carrière de Webber.

2016 : Villanova au bout du yo-yo émotionnel

Pas besoin de remonter très loin pour retrouver un morceau d’histoire du Final Four. Il suffit de revenir il y a un an, à Houston. Une finale Villanova-North Carolina dont les observateurs parleront comme l’un des plus beaux matches de l’histoire du tournoi NCAA. Au bout d’un superbe comeback, alors que Villanova menait de dix points à un peu moins de cinq minutes de la fin du match, North Carolina se retrouve à trois longueurs derrière avec 13’’5 à jouer. La suite appartient à jamais à la légende. Marcus Paige ramène les deux équipes à égalité à 4’’7 de la sonnerie sur un improbable tir à trois points en déséquilibre et avec une « pompe ». Mais les Wildcats vont saisir leur dernière chance. Ryan Arcidiacono trouve Kris Jenkins pour un trois points assassin au buzzer qui offre à Villanova sa deuxième couronne. Un scénario qui a forcément alimenté les envies de revanche des Tar Heels, de retour cette année au Final Four pour finir le boulot.