<

Mais qui est Guerschon Yabusele, la sensation française de la draft ?

Guerschon Yabusele avec le maillot des Boston Celtics
Guerschon Yabusele avec le maillot des Boston Celtics AFP

C’est la belle surprise tricolore de la draft NBA. Retenu par les Boston Celtics au milieu du premier tour, en 16e position, alors qu’il était attendu au second, Guerschon Yabusele suscite déjà des comparaisons avec un certain Draymond Green, intérieur All-Star des Golden State Warriors.

L’anecdote raconte la surprise du peuple vert. Ancien journaliste d’ESPN et récent créateur de l’excellent site The Ringer, Bill Simmons est connu pour son amour invétéré de Boston et de ses équipes professionnelles. Et à l’heure de commenter sur Twitter le choix des Celtics de sélectionner Guerschon Yabusele en 16e choix de la draft (sélection des meilleurs universitaires et jeunes Européens par les franchises NBA) 2016, l’ami Bill n’a pas caché son étonnement : « Les Celtics viennent d’utiliser le 16e choix pour prendre un Français assis dans les tribunes ». 

Avant de nuancer quelques heures plus tard : « Je viens de voir les meilleures actions du Draymond Green français sur YouTube. Je l’aime plutôt bien, en fait. » Sensation du premier tour de la draft alors qu’il était plutôt attendu au second, entre les 30e et 40e choix, Yabusele – Adam Silver, patron de la ligue, est parvenu à bien prononcer son nom d’origine congolaise au moment de l’appeler sur l’estrade, bravo à lui – a provoqué des sourires chez les fans des Celtics. Dont certains allaient jusqu’à se demander combien « Guerschon Yabusele » pouvait rapporter au Scrabble. Les images du garçon vont vite les rassurer. Guerschon, c’est avant tout un potentiel énorme. 

Un beau bébé de 19 ans au sourire permanent et au physique de déménageur (2,03 m ; 120 kg) dont la marge de progression reste énorme. « Il est hors normes avec une musculature impressionnant et naturelle, explique Rémy Valin, qui l’a coaché à Rouen cette saison, dans les colonnes de L'Equipe. Ce qui est encore plus fou, c’est qu’il est mobile. Sur cinq mètres, il est aussi rapide qu’un sprinteur. » Avec un cœur gros comme ça et une faculté à s’arracher dès que besoin. « Il se bat sur tous les ballons, même à l’entraînement », remarque Valin. 

Des qualités qui ont vite tracé une comparaison entre l’ailier-fort français et Draymond Green, l’intérieur à tout faire des Golden State Warriors. « J’en entends beaucoup parler, confirme l’intéressé. Et c’est un peu le joueur que je peux viser à devenir. » On parle tout de même d’un champion NBA sélectionné au dernier All-Star Game et élu dans le deuxième meilleur cinq de la ligue cette saison. Parallèle ambitieux mais difficile à assumer. Avant de rêver à des tels accomplissements, Yabusele va devoir se faire une place à Boston. 

Des débuts en Pro A à 17 ans

Les ligues d’été de Salt Lake City et Las Vegas, où il sera aligné dans les semaines à venir, devront servir à cela. Même s’il paraît plus logique de penser que les Celtics le garderont encore un an ou deux au chaud en Europe pour se développer sans pression avant de rejoindre la NBA. Venu au basket à Dreux, passé par le pôle Espoirs de Tours, le gamin a fait ses gammes à Roanne, où il a débuté en Pro A à 17 ans en octobre 2013. Après une première saison à apprendre (8 matches, 4 minutes et 1,5 points de moyenne) marquée par une relégation en fin d’exercice, il explose en Pro B en 2014-2015 avec 8,6 points et 4,5 rebonds par rencontre. 

Parti s’aguerrir à Rouen l’été dernier, il va confirmer tout son potentiel en Normandie pour son retour dans l’élite : 11,5 points, 6,9 rebonds, 1,1 interception et 15 d’évaluation en moyenne. Très vite titulaire dans la raquette rouennaise, Guerschon a montré de belles choses au sein d’une équipe qui allait pourtant quitter la Pro A en fin d’exercice. « A 19 ans, peu de joueurs seraient capables de faire ce qu’il a réalisé », confirme Valin. Il faut au moins cela quand on aspire à devenir Draymond Green. 

Guerschon Yabusele accueilli par Adam Silver, patron de la NBA
Guerschon Yabusele accueilli par Adam Silver, patron de la NBA AFP