James-Ntilikina : La fausse polémique se transforme en rencontre "musclée"

Frank Ntilikina (de dos) et LeBron James
Frank Ntilikina (de dos) et LeBron James AFP

Pris malgré lui dans une polémique avec LeBron James en raison des déclarations de ce dernier sur un autre joueur, Frank Ntilikina a fait connaissance avec le « King » ce lundi soir à l’occasion de la réception des Cleveland Cavaliers par les New York Knicks. Une rencontre façon test d’intimidation sur le parquet qui n’a pas semblé faire peur au Français, soutenu par ses coéquipiers.

La saillie verbale qui ne lui était pas adressée s’est matérialisé en rencontre « testostéronée » sur le parquet. Pris depuis deux jours dans une polémique avec LeBron James, ce dernier affirmant que les New York Knicks auraient dû sélectionner son chouchou – il le connaît depuis ses 13 ans – Dennis Smith Jr (choisi par les Dallas Mavericks au pick suivant) à sa place lors de la dernière draft, Frank Ntilikina a pu s’expliquer sportivement avec le « King » aux trois bagues de champion et aux quatre couronnes de MVP ce lundi soir à l’occasion de la réception des Cleveland Cavaliers au Madison Square Garden. Si la victoire est revenue aux champions 2016 (104-101), qui ont renversé la donne après avoir compté jusqu'à 23 points de retard derrière un « LBJ » au four et au moulin (23 points à 7/14, 12 passes décisives, 9 rebonds, 3 contres) alors que le Français s'est fait beaucoup plus discret (7 points à 2/5, 3 rebonds, 2 passes décisives mais aussi 6 balles perdues), c’est un moment de tension lors du premier quart qui a fait parler.

Protagonistes ? Vous l’aurez deviné : James et Ntilikina. Alors que le leader des Cavs vient de dunker sur un alley-oop adressé par son pote Dwyane Wade à quarante secondes du terme de la première période, il croise le meneur tricolore au moment de repartir en défense. James ne s’écarte pas, Ntilikina non plus, et les deux corps se rentrent dedans, l’ancien de Strasbourg rebondissant sur la bête de compétition au physique bien plus développé. Le joueur français ne se laisse pas démonter et ramasse la balle toujours sans s’écarter. James ne bougeant pas non plus, Ntilikina n’hésite pas à le pousser pour marquer son territoire. Pas intimidé, le gamin, qui avait refusé d’entretenir la polémique ce dimanche à l’occasion d’un « clinic » avec des jeunes au siège du syndicat des joueurs de la ligue (NBPA). « Il était sur mon chemin, expliquera-t-il à l’issue de la rencontre. Ça aurait pu être n’importe qui d’autre. Je l’ai poussé pour récupérer le ballon. C’était important que mes coéquipiers me soutiennent à ce moment. Ils savent que je serai là pour eux dans ce genre de moment. C’est comme ça que l’équipe fonctionne. »

Car quand James a fait un pas en sa direction pour lui adresser quelques mots suite à l’altercation, le Français n’était pas seul. Son coéquipier Enes Kanter, qui avait déjà pris sa défense sur les réseaux sociaux durant le week-end, est tout de suite venu s’interposer devant le « King ». « Vous ne pouvez pas faire ça à un rookie. Qu’il s’attaque plutôt à des hommes », a ensuite commenté le pivot turc des Knicks. Avant de tacler James : « Qu’il se fasse appeler le Roi, la Reine ou la Princesse, qui qu’il soit, on ne se laissera pas faire. » A priori, « LBJ » n’a pourtant rien contre notre Ntilikina national. Son tacle verbal était surtout adressé à Phil Jackson, encore président de la franchise new-yorkaise lors de la dernière draft, avec qui il est en froid depuis que l’ancien coach des Chicago Bulls et des Los Angeles Lakers avait critiqué son entourage l’an dernier.

James lui-même s’en est expliqué avant le match au Garden : « Je ne voulais pas du tout casser Frank et cela ne veut pas dire qu’il n’est pas un bon choix. Je ne l’ai pas beaucoup vu jouer mais je le connais par mon meilleur ami qui a joué avec lui ces dernières années (Romeo Travis qui évoluait avec Ntilikina à Strasbourg, ndlr). Il ne s’agissait pas de critiquer l’autre gars mais de dire ce que je ressentais sur Dennis Smith Jr et que je pensais avant la draft qu’il serait un bon complément de Kristaps Porzingis (star des Knicks qui a également pris la défense du Français devant la presse, ndlr). Est-ce que c’était un tacle à Phil Jackson ? Oh oui, clairement, c’est certain. Je ne suis pas fan de lui, vous le savez. Ce n’était pas pour casser Frank. Je ne connaissais pas le gamin. » Les présentations sont désormais faites.

Les résultats NBA du 13 novembre :

Washington Wizards-Sacramento Kings : 110-92

New York Knicks-Cleveland Cavaliers : 101-104

Milwaukee Bucks-Memphis Grizzlies : 110-103

New Orleans Pelicans-Atlanta Hawks : 106-105

Phoenix Suns-Los Angeles Lakers : 93-100

Utah Jazz-Minnesota Timberwolves : 98-109

Portland Trail Blazers-Denver Nuggets : 99-82

Golden State Warriors-Orlando Magic : 110-100

Los Angeles Clippers-Philadelphie Sixers : 105-109