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Monaco-Le Mans : Le Rocher n’oubliera pas les coups de sifflet

Zvedan Mitrovic, le coach de Monaco
Zvedan Mitrovic, le coach de Monaco Panoramic

Battu par Le Mans au bout du suspense d’un match 5 décisif au scénario fou, Monaco n’a toujours pas remporté le titre malgré trois ans de domination sur la saison régulière de Jeep ELITE. Et son coach n’a une nouvelle fois pas caché sa frustration devant certaines décisions arbitrales pendant la finale.

Le symbole est lourd, terrible. Battu quatre fois lors des quatre dernières finales avec Strasbourg, Paul Lacombe était arrivé à Monaco l’été dernier avec la volonté de briser la série noire. Il sera passé tout proche ce dimanche dans le décisif match 5 face au Mans, ratant le tir de l’égalisation dans un dernier drive désespéré après avoir perdu un ballon décisif pour un pied en touche. Le MSB est sacré champion et la « Roca Team », dominatrice depuis trois ans en saison régulière comme en Leaders Cup, devra encore patienter pour fêter son premier titre. Mais cette action du pied en touche de Paul Lacombe résume l’état d’esprit qui anime une partie des troupes du Rocher. Il suffit de lire le compte-rendu du match sur le site du club pour comprendre : « L’un des trois arbitres signalait semble-t-il un pied en touche… »

Sans oublier, un peu plus haut : « Les Manceaux passaient en tête pour la première fois après un 8-3 dans le troisième quart, pouvant s’appuyer sur la patte de Romeo Travis et les nombreux lancers francs accordés ». Entre les lignes se niche un thème récurrent sur le Rocher ces dernières semaines : un arbitrage qui serait plus sévère pour une ASM presque sortie de nulle part derrière les dollars de son patron ukrainien. Sur lequel Zvedan Mitrovic a remis une couche à l’issue du match 5. « Pendant trois saisons, je pense que nous avons pratiqué un bon basket et montré une bonne image de Monaco. Mais certaines choses ne sont pas justes, a lancé le coach monégasque, annoncé sur le départ pour l’ASVEL, cité par le site de l’ASM. Sur les matches 3 et 4, le Mans tire soixante-quatre lancers francs et nous vingt-quatre. La différence est trop énorme. » Ce qui n’avait pas empêché Monaco de s’imposer le parquet adverse dans le match 4…

Si Amara Sy, capitaine de la « Roca Team », n’a pas hésité à expliquer les Manceaux n’avaient « pas volé leur victoire », un discours que l’on retrouvait dans toutes les bouches des vaincus ou presque, les paroles de son coach font écho à celles de Paul Lacombe – qui lui avait valu un match de suspension avec sursis suite à une convocation devant la commission juridique et disciplinaire de la LNB – après le match 3 de la demi-finale perdu sur le parquet de Limoges marqué par trente-cinq fautes pour l’ASM et seulement vingt et une pour le CSP : « On n’a pas perdu contre Limoges mais contre les arbitres. Ils ont tiré trente-neuf lancers francs au deuxième match et je ne sais pas encore combien ce soir… Franchement, c’est honteux. S’ils ne voulaient pas que l’on gagne, il fallait nous le dire, on ne se serait pas fatigué ! J’espère qu’ils vont regarder le match et tirer des leçons de ce qu’ils ont fait ce soir. D’accord, Limoges a été agressif en seconde mi-temps. On l’a été dans la première, on a pris des fautes. Eux n’en ont pas pris… Franchement… Comment peut-on jouer au basket comme ça ? Si quelqu’un a une solution, qu’il vienne me le dire… » Un ressort qui peut servir de motivation mais peut aussi passer comme une recherche d’arguments pour expliquer un revers. Après une nouvelle fin de saison frustrante, Monaco va devoir digérer et repartir au combat. C’est sans doute plus facile de reporter une partie de la déception sur les décisions des hommes aux sifflets. Même si certaines sont, comme toujours, contestables.