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Monaco-Le Mans : Lacombe, l’heure d’oublier la frustration

Paul Lacombe
Paul Lacombe Panoramic

Finaliste malheureux lors des quatre dernières saisons avec Strasbourg, Paul Lacombe peut tourner la page de la déception ce dimanche soir si Monaco, qu’il a rejoint l’été dernier, s’impose à domicile face au Mans dans le match 5 décisif de la finale (en direct à 18h30 sur SFR Sport 2). Un sacre qui récompenserait son choix de carrière mais surtout l’ambitieux projet du club du Rocher.

Le goût des finales, il connaît. Et pas qu’un peu. Mais il a sans doute oublié celui du sacre et du trophée soulevé sous les hourras et les confettis. Champion de France 2009 avec l’ASVEL, son club formateur, Paul Lacombe a depuis connu quatre occasions de recoiffer la couronne nationale… pour autant de défaites. C’était avec Strasbourg et Vincent Collet, de 2014 à 2017, et l’arrière français de vingt-huit ans n’a rien oublié. Une frustration qui lui sert en partie de moteur à l’heure d’une nouvelle finale avec Monaco, qu’il a rejoint l’été dernier, où le titre va se jouer contre le Mans ce dimanche sur le Rocher (en direct à 18h30 sur SFR Sport 2). « Ce que je veux vraiment, c’est enfin la gagner cette finale, passer du côté des vainqueurs », lançait-il dans Ouest-France à l’entame de la série face aux Manceaux.

Cela passera par un match 5 bouillant et décisif. L’habitué des finales en a vécu lors des deux dernières saisons, battu une fois à la maison et une fois à l’extérieur. « On a la chance de pouvoir disputer un tel match, lance-t-il dans un autre entretien à Ouest-France. Cela va être intense. On fait du sport de haut niveau pour vivre de tels moments. Un match 5 englobe beaucoup de choses. On sait que ce n’est jamais évident. J’en ai déjà connu deux, sans et avec l’avantage du terrain. C’est toujours particulier, jamais évident à appréhender. » Mais recevoir à Gaston-Médecin reste un avantage énorme, parole d’expérimenté : « Avoir l’avantage du terrain, ça peut être bien sur un cinquième match… » On espère juste que le garçon n’est pas trop superstitieux. Question de passé récent. « Mes deux dernières saisons, la troisième rencontre a été le match déclic, rappelait-il au quotidien régional. On l’a perdu les deux fois avec Strasbourg et on perd les deux fois en finale en cinq manches. » Le vainqueur du match 3 cette saison ? Le Mans sur son parquet. Mais la « Roca Team » a ensuite su se remobiliser pour arracher le match 4 en déplacement et s’offrir un choc pour le titre à la maison. Avec un Lacombe peu en réussite au tir (6/16) mais omniprésent dans cette rencontre sans lendemain en cas de défaite : 12 points, 6 rebonds, 4 passes décisives et 2 interceptions.

« Pas mal de personnes ont vu que j’étais capable de défendre à haut niveau maintenant »

Le symbole d’un joueur qui a su élever son niveau en playoffs. Sixième marqueur monégasque de la saison régulière (9,7 points, 4 rebonds, 2,8 passes décisives et 12,1 d’évaluation en moyenne), l’ancien Villeurbannais et Strasbourgeois pointe au deuxième rang offensif de ses troupes en phase finale (12,4 points, 3,8 rebonds, 2,4 passes décisives et 13,5 d’évaluation). Mais n’affiche que 8,3 points (sixième marqueur de l’ASM) et 8,5 d’évaluation en finale, une baisse compensée gros travail de l’ombre sur le plan défensif. « Où est-ce que j’ai progressé ? Défensivement déjà, confirme-t-il dans les colonnes de Ouest-France. Je le dois au coach, ce sont ses attentes. On comment beaucoup de fautes, on est très agressifs sur le ballon et cette philosophie m’a aidé à progresser. A l’image de ma finale de Ligue des Champions (défaite 94-100 contre l’AEK Athènes début mai, ndlr), mon match le plus abouti défensivement. Pas mal de personnes ont vu que j’étais capable de défendre à haut niveau maintenant. Cela me fait plaisir. »

Des progrès également sensibles de l’autre côté du parquet. « J’ai pris énormément confiance dans l’agressivité, poursuit Lacombe. Je sais que je peux scorer et l’équipe le sait aussi. Si j’arrive à épurer mon jeu, à ne pas partir dans tous les sens, je peux continuer à faire de belles choses je pense. » Des déclarations qui renvoient à celle lâchée sur le site du club monégasque il y a quelques mois : « A Monaco, j’ai su me remettre en question pour franchir un palier ». Reste à concrétiser avec un sacre qui récompenserait le projet de la « Roca Team », dominatrice en saison régulière comme en Leaders Cup depuis trois ans. « On est beaucoup à mériter quelque chose dans cette équipe », lâche Lacombe au quotidien régional.

« Je suis bien placé pour en parler, le mérite n’est pas suffisant »

Mais cela ne garantit rien. « Je suis bien placé pour en parler, le mérite n’est pas suffisant, enchaîne-t-il. Si on veut ce titre, il faudra vraiment aller le chercher. » Son groupe, et on ne vous apprendra rien, en a les moyens. « Tout le monde dit qu’on est moins fort sur le papier que le Monaco de l’an passé, pointe Lacombe. C’est sans doute vrai mais on doit sûrement beaucoup mieux vivre ensemble que l’équipe de l’an passé. On a franchi un énorme cap cette année. Il y a certes beaucoup d’individualités mais aussi beaucoup de cohérence dans notre groupe. Depuis la création de cette équipe, on a compris que notre réussite passerait par l’abnégation. Tout le monde peut briller mais on est prêt à laisser la place à l’autre pour gagner quelque chose. » Si c’est le cas ce dimanche soir, la série noire de Lacombe en finale prendra sans doute fin. Et si cela n'arrive pas, le guerrier repartira pour un tour.  « Je n’ai plus peur de ça, confie-t-il à Ouest-France. J’en ai tellement perdu des finales…Cela a été souvent dur à digérer. En continuant à faire des efforts dans les meilleures équipes du championnat, ça finira par tomber du bon côté. J’espère que ce sera dimanche. Je donnerai tout sur ce match 5 et je me servirai de mes expériences passées. Si ça marche, ce sera l’aboutissement de quatre échecs consécutifs. Si ce n’est pas le cas, je donne déjà rendez-vous pour l’an prochain, où j’essaierai de revenir encore plus fort pour aider mon équipe. »