Les treize soldats de la légion française

Nando De Colo
Nando De Colo AFP

Ils sont désormais treize. A l’heure du début de la saison d’Euroligue, à suivre en exclusivité sur SFR Sport 2, le contingent représentant le basket français français bat son record (en l'absence d'équipe tricolore, bien sûr) en alignant treize joueurs sur les différents parquets de la plus grande compétition internationale, dont douze internationaux, dans neuf équipes différentes (un autre record du genre). Et pour la moitié d’entre eux dans des équipes candidates au titre où leur influence va se faire sentir. Tour d’horizon.

Nando De Colo (CSKA Moscou ; 30 ans)

Meilleur marqueur, MVP de la saison – une première pour un joueur français – et du Final Four, record de points sur la finale à quatre (52) et le titre avec son équipe. La saison 2015-16 de Nando De Colo en Euroligue reste un modèle du genre, la partition parfaite. Impossible de faire mieux, ou alors on ne voit pas comment. Ses stats légèrement en baisse et la troisième place des Moscovites la saison dernière devraient motiver l’ancien joueur de Cholet à repartir de l’avant cette saison.

Léo Westermann (CSKA Moscou ; 25 ans)

 Jamais trois sans quatre ? Vainqueur des titres nationaux dans les trois pays où il est passé, en France (Limoges en 2015), en Serbie (Partizan Belgadre en 2013 et 2014) et en Lituanie (Zalgiris Kaunas en 2017), Léo Westermann va tenter de réaliser la passe de quatre en Russie. Mais c’est surtout en Euroligue, où il sort d’une saison à 8,8 points et 5,5 passes décisives par match avec Kaunas sous les ordres du légendaire Sarunas Jasikevicius, que le meneur international français voudra briller. La présence de De Colo à ses côtés devrait faciliter son adaptation.

Thomas Heurtel (FC Barcelone ; 28 ans)

En voilà un qui va huiler le jeu catalan ! Arrivé de Turquie, où il évoluait à l’Efes Istanbul depuis trois saisons, Thomas Heurtel est tout simplement le… sixième meilleur passer de l’histoire de l’Euroligue, dont il avait été élu MVP du mois de février la saison dernière, avec un meilleur exercice à 7,9 offrandes de moyenne en 2015-16. Alors qu’il tournait à 12,7 points et 5,6 passes décisives de moyenne dans la compétition lors de son dernier exercice avec Kaunas, le meneur tricolore va également apporter aux Catalans une qualité de shoot qui peut faire mal à l’adversaire par séquences. Sans oublier sa faculté à gérer le jeu.

Thomas Heurtel
Thomas Heurtel Getty Images

Kevin Séraphin (FC Barcelone ; 27 ans)

C’est un retour en Europe et une nouvelle carrière qui s’ouvre pour l’intérieur français. En NBA depuis 2010, où il a connu trois franchises (Washington Wizards, New York Knicks, Indiana Pacers), Kevin Séraphin n’a jamais vraiment réussi à s’imposer outre-Atlantique même si ses saisons 2011-12 et 2012-13 à Washington annonçaient de belles promesses. Courtisé par le Barça à l’été 2016, il avait privilégié un contrat non garanti avec Indiana. Mais cette fois, l’ancien de Cholet a décidé d’arrêter les frais. Et rejoint l’ambitieuse équipe catalane où il va redécouvrir cette Euroligue dans laquelle il avait effectué de bons premiers pas avec Vitoria en 2011, quand il était revenu en Europe pendant le lockout de la NBA.

Adrien Moerman (FC Barcelone ; 29 ans)

L’Euroligue, il connaît. L’intérieur Adrien Moerman a disputé la compétition avec quatre équipes différentes, Orléans, Nancy, Limoges et Darussafaka Dogus, atteignant les quarts l’an dernier avec le club turc. Mais cette fois, il rejoint un ambitieux en quête de renouveau. Où celui qui tournait à 8,1 points et 5,1 passes décisives de moyenne en Euroligue la saison dernière devrait endosser le rôle de bon joueur de complément dans la raquette.

Rodrigue Beaubois (Vitoria ; 29 ans)

Pour sa première saison à Vitoria, avec qui il a atteint les quarts de finale de l’Euroligue, Rodrigue Beaubois a tourné à 11,7 points et 1,7 passes décisives dans la plus grande compétition continentale. Mais le meneur-arrière français, énorme potentiel offensif qui avait marqué 40 points sur un match du temps de son passage en NBA avec les Dallas Mavericks, est capable de prendre feu sur certaines séquences. Cela peut toujours servir.

Vincent Poirier (Vitoria ; 23 ans)

Vincent Poirier a commencé le basket au lycée, en 2010. Mais le pivot français de 2,12 mètres connaît depuis une ascension express vers le haut du panier et son grand objectif personnel : la NBA. Une trajectoire qui va connaître une nouvelle étape avec la découverte de l’Euroligue à Vitoria pour celui qui était le troisième meilleur rebondeur de Pro A avec Paris-Levallois la saison dernière (8,09 par match). Et qui poursuit une longue tradition de joueurs français à Vitoria à l’image de Laurent Foirest, Thierry Gadou, Fabien Causeur ou encore Kim Tillie.

Vincent Poirier
Vincent Poirier AFP

Fabien Causeur (Real Madrid ; 30 ans)

On n’en entend pas beaucoup parler. Mais son jeu cause pour lui. Champion d’Allemagne et MVP des finales avec Bamberg la saison dernière, Fabien Causeur va disputer l’Euroligue pour la sixième année consécutive (il tournait à 9,9 points, 2,2 passes décisives et 3,2 rebonds lors de la dernière édition avec son club allemand). Mais il va désormais la connaître avec le Real Madrid, recordman de victoires (9) et candidat à la victoire chaque année. Une consécration qui récompense sa progression.

Kim Tillie (Olympiakos ; 29 ans)

Il reste sur trois saisons en Euroligue avec Vitoria, la dernière à 6,9 points et 3,8 rebonds par match. Le membre de la très sportive famille Tillie va désormais la disputer dans l’ambiance brûlante du mal nommé Palais de la Paix et de l’Amitié. Double vainqueur de l’Euroligue en 2012 et 2013, finaliste malheureux face au Fenerbahçe la saison dernière et contre le Real Madrid en 2015, l’Olympiakos ne visera qu’une seule chose : le sacre européen. Et l’intérieur français apportera sa pierre à l’édifice.

Antoine Diot (Valence ; 28 ans)

Champion surprise avec Valence en juin dernier, avec une victoire sur le grand Real Madrid en finale où il a joué un rôle majeur, le meneur-arrière français retrouve cette Euroligue qu’il avait disputée avec Le Mans et Strasbourg. Moins scoreur qu’à sa grande époque en Pro A, Antoine Diot reste un élément essentiel du collectif espagnol, au sein duquel il tournait à 8,2 points, 3,9 passes décisives et 1,3 interception par match la saison dernière.

Amath M’Baye (Olimpia Milan ; 27 ans)

Sorti des aficionados de la balle orange, son nom ne parlera pas au grand public. Mais ceux qui ne connaissent pas encore le seul non-international du contingent français présent en Euroligue cette saison pourraient vite entendre parler de l’ailier français. La raison de cette discrétion ? Un parcours atypique avec quatre ans dans le championnat universitaire américain, à Wyoming et Oklahoma, puis trois saisons au Japon avec le club des Nagoya Dolphins. Avant une première saison en Italie, à Brindisi, où il a terminé parmi les meilleurs marqueurs (17,8 points par match, plus 5,3 rebonds). A Milan, club le plus titré en Italie, il doit aider à éviter la… dernière place en Euroligue de la saison dernière (8 victoires-22 défaites).

Axel Toupane (Zalgiris Kaunas ; 25 ans)

Ses deux ans à tenter de s’imposer aux Etats-Unis, entre contrats courts et passages par la ligue de développement, n’ont pas été à la hauteur de ses attentes. Mais au lieu de s’acharner, même s’il a encore tenté la Summer League de Las Vegas avec les New Orleans Pelicans cet été, Axel Toupane a préféré revenir en Europe retrouver le plaisir du jeu. Direction la Lituanie et le Zalgiris Kaunas, au pays de basket roi, où l’ailier tricolore va retrouver une Euroligue qu’il avait découverte avec Strasbourg lors de la saison 2013-14 pour dix matches avec des moyennes à 2,5 points et 2,5 rebonds. Le garçon cherchera à faire mieux avec Kaunas.

Mathias Lessort (Etoile Rouge de Belgrade ; 22 ans)

Drafté en 50e position par les Philadelphie Sixers en juin, avant de participer à la Summer League en juillet, Mathias Lessort doit encore s’aguerrir en Europe avant de tenter de rejoindre la NBA. La première saison à l’étranger de l'intérieur français, dans une ambiance fantastique portée des supporters fous furieux, devrait aider à progresser celui qui arrive de Nanterre, où il a signé la saison dernière son meilleur exercice en carrière en Pro A (10,3 points et 7,2 rebonds par match) et remporté la Coupe de France et la FIBA Europe Cup. Un bel amuse-gueule avant de s’attaquer au plat de résistance de l’Euroligue avec Belgrade.