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Coupe du monde : Staut peut-il viser le Graal ?

Panoramic

Premier invité de l’émission Horse Series ce lundi (20h45 sur SFR Sport 3), Kevin Staut rentre de Göteborg avec deux fautes commises sur la dernière étape de Coupe du monde de jumping cette saison avant la finale. Qualifié pour le grand rendez-vous parisien (11-15 avril), le cavalier français peut viser très haut. A condition de dompter les éléments… 

Kevin Staut a finalement abandonné sur le fil la tête du classement de la Coupe du monde de jumping à Henrik von Eckermann, vainqueur de l’étape de Göteborg dimanche. Auteur de deux fautes avec Rêveur de Hurtebise, le Français avait quoi qu’il arrive l’assurance d’être à Paris en avril, pour disputer la grande finale – la première en France – parmi les cadors. Numéro 4 mondial, meilleur cavalier français actuellement, le champion olympique par équipe sera l’atout majeur d’une délégation tricolore de trois cavaliers (Roger-Yves Bost et Simon Delestre se sont également qualifiés, Julien Epaillard est premier réserviste). 

Qui pour succéder à Broucqsault ?

Le clan français attend toujours un deuxième sacre en finale de Coupe du monde, après celui de Bruno Broucqsault en 2004. Depuis, c’est la disette, malgré quelques belles performances (comme cette deuxième place de Pénélope Leprévost à Vegas en 2015). Kevin Staut a-t-il les épaules pour remédier à cette quasi anomalie ? 

« La victoire aux Jeux a donné une très grande crédibilité à l’équitation française, à l’institution qu’elle représente, confiait-il dans le Parisien en mars 2017, avant la finale Coupe du monde à Omaha. Après, à titre personnel, on me présente désormais dans les concours comme un champion olympique, ce qui facilite les choses car comme c’est le plus beau des titres, ce n’est pas la peine de citer les autres. Ça nous enlève aussi un peu de pression. En tout cas, elle n’est plus tout à fait la même. » 

Il lui manque un grand sacre individuel

L’an dernier, Kevin Staut avait pris la 11e place à Omaha, terminant premier Français devant Simon Delestre (14e). Loin de sa troisième place de 2013 avec Silvana, ou même de sa sixième place de 2011. Champion d’Europe en individuel en 2009, l’ancien numéro 1 mondial (premier Français à occuper ce classement depuis deux décennies) a pour l’heure brillé par équipe dans les grands championnats (l’or à Rio, l’argent aux Jeux Equestres Mondiaux de 2010 et 2014). Reste à conquérir un grand titre en individuel. 

"On ne peut préjuger de rien dans un sport à deux êtres vivants..."

Sur le papier, Kevin Staut a tous les atouts possibles en sa possession. Deuxième à Oslo, troisième à Zurich, rapidement qualifié dans la ligue de l’Europe de l’ouest, le cavalier de 37 ans a désormais l’expérience des grands rendez-vous. Reste ce perfectionnisme à l’extrème qui lui fait parfois perdre sa maîtrise dans des contextes aussi tendus. « Par rapport à la compétition, il a des nerfs d'acier, un goût pour la perfection, confiait en 2012 dans Le Monde le regretté Jean Rochefort, féru de chevaux. Son intelligence lui permet de subodorer le comportement d'une jument ou d'un cheval. Il représente une nouvelle école où l'esthétique a sa part. Indéniablement, il est le meilleur cavalier français en activité. » 

Sauf qu’en finale de Coupe du monde, ce n’est pas toujours le cavalier le plus parfait techniquement ou le plus élégant qui gagne. Surtout dans ce format très lourd de trois épreuves différentes sur trois jours. « On ne peut préjuger de rien car nous avons un sport avec deux êtres vivants, prévenait Kevin Staut l’an dernier. Il suffit que le jour J, un des deux soient moins bien pour passer à côté. » Toute la beauté du sport. Reste que Marcus Ehning, esthète absolu, a remporté trois fois le Graal… preuve qu’efficacité et beauté du geste ne sont pas incompatibles.