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Fancy Bears : les AUT, comment ça marche ? (1/4)

Le logo de l'Agence mondiale antidopage
Le logo de l'Agence mondiale antidopage AFP

Un mois et demi après les premières révélations des Fancy Bears, groupe de hackers qui ont piraté l’Agence mondiale antidopage et dévoilé les autorisations à usage thérapeutique de plus d’une centaine de sportifs olympiques, RMC Sport vous propose une enquête fouillée sur la face cachée (et sombre) du système des AUT. Premier volet avec une plongée au cœur d’une machine qui ouvre la porte aux dérives.

"FANCY BEARS", LES OURS MAL LÉCHÉS DE LA MÉDECINE SPORTIVE ?

Le masque des Anonymous sur la tête d’un ours et des GIF animés sur fond de lauriers et anneaux olympiques surplombant le corps d’un homme sans tête vêtu d’un costume-cravate. Le 13 septembre dernier, la planète sport découvre le site des Fancy Bears. Ce groupe de hackers diffuse les AUT de quatre sportifs américains de renom : les tenniswomen Serena et Venus Williams, la gymnaste Simone Biles et la basketteuse Elena Delle Donne. AUT ? Autorisation d’usage à des fins thérapeutiques, une dérogation permettant à un athlète malade de suivre un traitement incluant des substances dopantes. Cinq fournées suivront. 

Au total, 127 sportifs tous présents à Rio, dont 95 médaillés, représentant 27 pays et 26 disciplines (la natation arrive en tête avec 27 cas devant les 14 du cyclisme et de l’aviron et les 11 de l’athlétisme) pour plus d’une trentaine de substances interdites de tous les types. Les corticoïdes sont les stars de ces documents avec plus de la moitié des cas concernés, dont 43 pour les seules prednisone-prednisolone, souvent à court terme mais parfois sur plusieurs années. Les molécules pour traiter les différents types d’asthme se taillent une place de choix avec notamment 32 utilisateurs de salbutamol, le bêta-2-mimétique contenu dans la Ventoline. Sans oublier quelques traitements plus corsés. 

De la DHEA, stéroïde anabolisant réputé pour ses vertus de « molécule de jouvence », associée à de l’hydrocortisone (utilisée pour traiter les insuffisances surrénales, les réactions allergiques aigues ou les traitements lourds comme le cancer ou la sclérose en plaques) pour plus d’un an pour la tenniswoman américaine Bethanie Mattek-Sands, médaillée d’or en double mixte à Rio. Des patients-sportifs mélangeant plusieurs molécules pendant des années, à l’image des huit pour Heather Fisher, une joueuse de rugby (à VII comme à XV) britannique qui a également pratiqué le bobsleigh en compétition. De l’épinéphrine (adrénaline) quand nécessaire de 2014 à 2019, avec autorisation de détenir sur elle un médicament spécial en cas d’urgence, pour la rameuse australienne Kimberley Brennan, championne olympique de skiff à Rio. 

De la tibolone, substance pour lutter contre les effets de la ménopause, pour deux ans pour l’athlète burundaise Francine Niyonsaba, médaillée d’argent à Rio sur 800 mètres. De la prednisolone sur plusieurs années pour le cycliste australien Jack Bobridge, champion du monde de la poursuite 2011, médaillé d’argent olympique de la poursuite par équipes à Londres et à Rio mais aussi champion d’Australie sur route 2011 et 2016. Les AUT de ce dernier confirment un diagnostic d’arthrite rhumatoïde avec des épisodes de douleurs articulaires aux poignets et aux mains. Gérard Guillaume, ancien médecin de la Française des Jeux qui fait partie du collège experts indépendants à disposition de l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) pour étudier les demandes d’AUT, avait plus souvent vu le cas chez des amateurs : « Je ne suis pas convaincu, et là c’est le rhumatologue qui parle, pas le médecin du sport, qu’une activité de ce type à haut niveau soit compatible avec cette pathologie. Mais pour cette dernière, oui, le cortico peut être prescrit pour un an. » « Un sportif a le droit de se soigner quand il est malade », appuie Michel Audran, professeur de biophysique à la faculté de pharmacie de Montpellier et spécialiste du dopage. 

Des justifications pour éviter les ambiguïtés

Trois Français, l’escrimeur Gauthier Grumier, le nageur Fabien Gilot et l’athlète Dimitri Bascou, sont cités. Au fur et à mesure des publications, les grands noms apparaissent : les cyclistes britanniques Bradley Wiggins et Christopher Froome, le tennisman espagnol Rafael Nadal, l’athlète britannique Mohamed Farah, le cycliste suisse Fabian Cancellara. Mais aussi d’autres moins connus mais qui dominent leur sport, à l’image du vététiste suisse Nino Schurter, de la cycliste sur piste britannique Laura Trott ou du triathlète britannique Alistair Brownlee. Beaucoup ont préféré se justifier pour éviter les ambiguïtés, de la réaction allergique aux piqûres d'abeille pour Cancellara (corticos) au mal des montagnes de Brownlee (acetazolamide), en passant par l’allergie alimentaire à la cacahuète de Grumier (corticos) ou l’angine blanche de Gilot (corticos). Le 7 octobre, une septième publication des hackers dévoile des mails de responsables de l’agence antidopage américaine (USADA) et des tableaux de chiffres et d’informations personnelles sur les AUT aux Etats-Unis pour l’année 2015, avec encore quelques gros noms venant garnir les rangs : les skieurs Mikaela Shiffrin et Ted Ligety, tous les deux champions olympiques à Sotchi, la cycliste Kristin Armstrong (aucun lien avec Lance), triple médaillée d’or du contre-la-montre aux Jeux de Pékin, Londres et Rio, ou encore un certain Floyd Mayweather, aujourd’hui retraité des rings. 

En France comme ailleurs, les révélations lancent le débat, attisé par la pseudo affaire des rugbymen du Racing 92. Le biathlète Martin Fourcade allume une mèche sur Twitter : « Eh bien il y a un paquet de malades en sport de haut niveau… #autpourtous ». Sur le réseau social, le double champion olympique a relayé une phrase empruntée à Roger Legeay, l’ancien coureur et directeur sportif aujourd’hui président du Mouvement pour un cyclisme crédible (MPCC), qui résumait le mantra de cette « association qui a pour but de défendre l’idée d’un cyclisme propre » : « Si un sportif a besoin d’une AUT, c’est qu’il est malade, et s’il est malade, il faut qu’il soit en arrêt de travail ». « Je partage cette vision », nous confirme Fourcade. Derrière son discours se niche, bien sûr, l’idée d’une AUT servant d’écran de fumée au dopage. « Enormément de sportifs ont des AUT, poursuit le biathlète. Certains pour des bonnes raisons, d’autres pour combler les vides. C’est quelque chose qui est énervant quand on ne prend rien, quand on se fait toujours soigner avec les médicaments autorisés. »

Interrogé début octobre en marge de la présentation des équipes de France, Alexis Pinturault ne mâche pas non plus ses mots. « Pour moi, les AUT, c’est proche du dopage, lance le skieur qui reconnaît lui-même avoir bénéficié d’une AUT à 17 ans, hors saison, pour des problèmes d’allergie au pollen et d’asthme. Je dénonce clairement. Si c’est une fois, je peux comprendre. Mais pas si ça devient récurrent avec l’aval des autorités sportives. » Même Froome sortira du bois : « Il est clair que le système des AUT est ouvert aux abus et peut être détourné. Je crois que l’UCI et l’AMA doivent le traiter en urgence ». Et d’appuyer quelques semaines plus tard : « J’aimerais que l’ensemble du processus soit révisé pour le rendre plus indépendant ». Nicolas Portal, son directeur sportif chez Sky, n’en dit pas moins : « Comme dans toute règle, on se rend compte qu’il y a toujours une petite limite… » D’autres la jouent moins sévère avec système. « Quand on est dans un sport de performance et qu’on se bat tous les jours pour grappiller des centièmes, on ne peut pas se permettre de louper une ou deux semaines d’entrainement donc on est obligé de se soigner comme tout le monde, rappelle Florent Manaudou. Sauf qu’on ne peut pas prendre les mêmes substances que tout le monde. On a donc des AUT. Ce n’est pas du dopage. C’est autorisé. » 

Tout ce déballage entraîne une victime collatérale : l’Agence mondiale antidopage (AMA). Alors que certains athlètes remettaient déjà en cause ses façons de faire, en témoignent plusieurs plaintes contestant l’obligation de localisation en attente de jugement par la Cour européenne des droits de l’homme, le piratage de son système ADAMS – le service d'administration et de gestion antidopage, où l’on trouve les AUT, la localisation ou encore les valeurs sanguines des athlètes – ne va pas aider à faire grandir la confiance. Dès les premières révélations, l’agence a assuré de l’authenticité des documents hackés. Avant de les mettre en doute quelques jours plus tard mais sans apporter la preuve d’un quelconque bidouillage ayant faussé les données.

Des hackers russes, vraiment ?

Surgit alors la question de l’identité des hackers, qui ont semble-t-il réussi assez facilement leur coup. Très vite, l’AMA a publié un communiqué identifiant les responsables, le groupe Fancy Bear (le nom de domaine du site), bien connu des spécialistes du cyberespionnage car soupçonné de représenter une émanation du renseignement militaire russe et d’avoir été à l’origine de nombreux piratages, comme celui du Parti démocrate américain ou de la chaîne TV5 Monde en France. « Ces actes criminels compromettent grandement l’effort de la communauté mondiale antidopage de rétablir une relation de confiance avec la Russie », lançait même Olivier Niggli, directeur de l’AMA, dans un communiqué. Une façon de sous-entendre une vengeance russe suite au scandale de dopage d’état dans le pays qui a tant fait parler avant les JO. 

Mais d’autres spécialistes réfutent cette théorie. Créer un site internet ne serait pas dans les habitudes de ce groupe de hackers, surtout sous son propre nom. L’imagerie et les références textuelles aux Anonymous semblent également éloignés des standards du renseignement militaire russe. Et sur leur site, on se rend compte que ce groupe qui prétend « défendre le fair-play et le sport propre » et « exposer les permis de se doper accordés par l’AMA » se fait appeler les « Fancy Bears », au pluriel et non au singulier. D’autres spécialistes du cyberespionnage vont jusqu’à imaginer que les Chinois, qui adorent se faire passer pour des Russes dans ce genre d’opérations, pourraient être impliqués dans une forme de tentative de déstabilisation des instances internationales et des sportifs américains, en première ligne dans ces révélations. Et notent avec un sourire que la Chine, chez qui le « dopage d’Etat » façon russe « doit un peu exister » selon Gérard Guillaume, est le seul pays du top 10 du tableau des médailles des derniers JO (avec la Corée du Sud) à ne pas avoir vu ses sportifs concernés par ces AUT.

LES AUT, MODE D'EMPLOI

Comment obtenir une AUT lorsque l’on est un sportif victime d’une pathologie nécessitant l’usage d’une substance interdite ? La démarche obéit à des critères cadrés. Venues au monde en 2004 avec la rédaction du premier Code mondial antidopage, les AUT empruntent un chemin balisé par l’AMA et son « standard international pour l’autorisation d’usage à des fins thérapeutiques » accompagné de ses « informations médicales pour éclairer les décisions des comités d’attribution des AUT » sur les différentes pathologies. Des lignes directrices censées être respectées à travers la planète sport par les signataires du Code. Pour obtenir son AUT, le sportif doit se tourner vers un comité d’attribution, émanant de l’agence nationale antidopage pour le sportif de niveau national et de la Fédération internationale de la discipline concernée pour celui de niveau international, et lui adresser un dossier médical complet dressé par son médecin personnel ou d’équipe dans lequel on trouvera l’historique de la maladie, les examens biologiques nécessaires au diagnostic, l’imagerie médicale si nécessaire, etc. 

L’instance sollicitée va alors faire intervenir des experts de la pathologie en question. « J’ai à ma disposition une liste d’à peu près une centaine d’experts indépendants, extérieurs à l’agence, partout sur le territoire français et je vais proposer à trois d’entre eux d’évaluer le dossier, explique Xavier Bigard, professeur agrégé au Val-de-Grâce et conseiller scientifique du président de l’AFLD (Bruno Genevois). Ils vont échanger et me fournir une conclusion qui va reposer sur les réponses à trois questions. Le traitement proposé par le médecin au sportif malade est-il absolument nécessaire ? La posologie proposée dans le traitement va-t-elle permettre de restaurer l’état normal du sportif sans pour autant améliorer ses performances physiques ? Et la troisième, plus anecdotique car elle ne concerne qu’un petit nombre de sportifs : le traitement proposé va-t-il permettre de résoudre un problème médical lié à l’utilisation antérieure d’une substance interdite ? »

Ces experts, qui ne peuvent ausculter chaque demandeur en chair et en os pour une raison logistique (Chris Froome réclame l’inverse pour améliorer le système) et n’ont pas à répondre à la question de savoir si le sportif est médicalement apte à concourir, ont la possibilité de demander des compléments d’information et des éléments médicaux supplémentaires. « Ce n’est pas juste administratif, avance Xavier Bigard. Le résultat de leur expertise se traduit en général dans un tiers des cas par un refus et dans deux tiers des cas par un accord. » Pour la France, le rapport d’activité annuel de l’agence cite 429 dossiers de demande d’AUT, « une baisse de 20% » par rapport à 2014, qui en comptait elle-même respectivement 17%, 33% et 39% de moins qu’en 2013, 2012 et 2011. « Dans les clubs, les dirigeants, les entraîneurs, les médecins, tous ont pris conscience. Il y a une éducation, juge Gérard Guillaume. Il y a aussi une volonté politique et à partir de là, on limite les demandes et les mésusages. Mais on ne pourra jamais empêcher un individu de tricher tout seul de son côté. Les radars n’ont jamais empêché celui qui veut rouler à 200 à l’heure de le faire. Sauf qu’il y en a moins qui le font. » 

Une fois accordée, l’AUT ne sera pas réévaluée par un médecin avant son terme mais pourra l’être par l’instance suprême en cas de doute. « L’AMA contrôle ces AUT puisqu’on a eu des retours et des questions qui nous ont été posées sur des AUT accordées ou refusées, détaille Xavier Bigard. Et l’AMA a la possibilité de se ressaisir de dossiers pour les réexaminer. » Michel Audran conclut : « Si au bout de la période donnée, le sportif a toujours besoin du médicament, il doit redemander une AUT ». Simple et efficace, non ? « Tel qu’il est présenté, je trouve que le système est bien fait, poursuit le professeur de biophysique à la faculté de pharmacie de Montpellier. « La méthode de départ qui doit être appliquée est extrêmement carrée, très précise, parfaitement fondée, corrobore Xavier Bigard. Les experts sont extérieurs à toute structure de lutte contre le dopage, il n’y a aucun conflit d’intérêt. » Aucune place, donc, à des diagnostics de complaisance délivrés par les médecins pour faciliter les desseins de leurs protégés ? 

« Dans certaines circonstances, le degré de liberté est peut-être un peu pris en défaut... »

« Quand on a vu ce qui s’est passé au laboratoire antidopage russe, où les services secrets venaient changer des flacons, c’est sûr que tout est possible, rappelle Michel Audran. Théoriquement, on ne peut pas passer entre les mailles du filet. Mais entre la théorie et la pratique, il y a toujours une différence. On peut peut-être passer au-delà des règles, un peu comme pour tout dans la vie. » « Je ne peux pas remettre en cause la probité des experts ou imaginer que les médecins traitants soient sous influence, ou alors il faudrait qu’ils falsifient l’ensemble, s’insurge Xavier Bigard. Comment peut-on imaginer ça ? » Mais le conseiller scientifique du président de l’AFLD de reconnaître peu après : « Dans certaines circonstances, le degré de liberté est peut-être un peu pris en défaut. Il ne faudrait pas que sa décision soit sous pression d’un autre environnement. » Le passé a produit quelques exemples, à commencer par certains tristement célèbres dans le cyclisme. 

Une petite reine avec laquelle on comprend vite les trous béants dans le système des AUT mis en place par l’AMA. L’UCI, qui devait depuis longtemps déjà appliquer la règle des trois experts (de trois nationalités différentes), a jusqu’en 2015 laissé le seul Mario Zorzoli, médecin et conseiller scientifique de l’UCI, donner son aval ou non aux différents dossiers. Le docteur italien s’est notamment occupé de toutes les AUT de Wiggins et Froome rendues publiques par les Fancy Bears, sur lesquelles son nom apparaît sous la case « approuvée par ». Il a été suspendu de ses fonctions à l’UCI entre janvier et mars 2015, avant de la quitter en juillet de la même année, car son nom était cité par l’ancien dopé Michael Rasmussen dans l’enquête de l’USADA sur le docteur Geert Leinders, longtemps médecin de la Rabobank avant de devenir celui de la... Sky de 2010 à 2012, suspendu à vie pour de multiples violations du règlement à l’époque où il collaborait avec l’équipe néerlandaise. 

« Le dopage fait vivre beaucoup de monde »

Un seul homme pour donner le coup de tampon des AUT dans un sport aussi marqué que le dopage que le cyclisme, la chose paraît folle. Alors comment ne pas s’imaginer des pratiques douteuses de certaines agences nationales moins respectueuses du cadre éthique et scientifique ? « Tous les pays se doivent d’appliquer une ligne directrice et c’est ce qui est fait en France. Après, je ne sais pas si c’est le cas dans tous les pays du monde », reconnaît Xavier Bigard. Les différentes disciplines sportives, elles, n’ont pas toutes la même approche selon la taille du portefeuille. Beaucoup de fédérations internationales parmi les moins fortunées, par exemple la gymnastique, ont ainsi délégué l’expertise des demandes d’AUT à une association à but non lucratif les regroupant, SportAccord, basée à Lausanne. 

Une couche de plus dans un système qui peine à cacher les failles permettant de s’engouffrer pour le contourner. « Ce n’est pas illégal mais il y a beaucoup de complaisance derrière tout ça », lance Gérard Guillaume. Reste à savoir comment rendre les choses plus limpides. Obliger les sportifs à publier leurs AUT pour plus de transparence comme réclamé par certains ? « C’est déjà dur de donner sa localisation des mois en avance, il ne faut pas exagérer », tempère Michel Audran. D’autant que la justice ne l’entendrait sans doute pas de cette oreille. Seule certitude devant les cas mis à jour par les Fancy Bears : le système aurait besoin d’une bonne remise à plat. « Bien sûr mais c’est une volonté politique, ose Gérard Guillaume. Il faut dire aussi que le dopage fait vivre beaucoup, beaucoup, beaucoup de monde. Si demain on règle tous les problèmes, tous ces gens-là ne vont plus pouvoir fréquenter les beaux hôtels et traverser le monde. Donc je ne suis pas sûr que tout le monde ait vraiment envie que ça s’arrête d’une façon claire, nette et sans ambiguïté. » Consciente de la nécessité de faire bouger les lignes, le Comité international olympique (CIO) a demandé à l’AMA – dans un climat lourd de relations tendues entre les deux instances – de créer une agence chargée de l’ensemble des tests antidopage pour rendre ces derniers « indépendants des fédérations sportives internationales » et tenter d’éviter les scandales à la russe. Le CIO a également réclamé à l’AMA une hausse de son niveau de sécurité afin d’éviter un nouveau piratage.