Fancy Bears : Biles se défend encore mais ne convainc pas

Simone Biles
Simone Biles AFP

Quadruple médaillée d’or à Rio, Simone Biles avait vu son nom être associée aux révélations des Fancy Bears sur les autorisations à usage thérapeutique (AUT) accordées à de nombreux athlètes. Mais la longue enquête publiée par SFR Sport et RMC Sport sur ce sujet met à mal sa ligne de défense répétée ce mercredi dans L’Equipe.

Son quadruplé en or restera une des images fortes des Jeux de Rio. Comme attendu, la puce Simone Biles avait illuminé les épreuves olympiques de gymnastique de son talent XXL. Des performances qui lui ont valu d’être élue « championne des championnes monde » de L’Equipe. A cette occasion, l’Américaine a évoqué pour le quotidien sportif les révélations des Fancy Bears, groupe de hackers qui a piraté les fichiers de l’Agence mondiale antidopage pour publier les autorisations à usage thérapeutique (AUT) de nombreux athlètes olympiques. Parmi eux, on retrouvait la gymnaste US aux dix titres mondiaux, qui a bénéficié de plusieurs AUT pour soigner son trouble déficitaire déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH). Et sa ligne de défense ne convainc guère. 

« Ça n’a aucun intérêt comme substance dopante »

« Beaucoup d’athlètes ont besoin de prendre ces médicaments pour soigner ces troubles », se défend Biles. Problème ? La longue enquête de SFR Sport et RMC Sport sur les AUT publiées par les Fancy Bears a montré qu’ils étaient « beaucoup »… surtout aux Etats-Unis, où la prescription pour le TDA/TDAH et la gestion de ces troubles sur le plan des AUT diffèrent complétement de ce qui peut, par exemple, se faire en France. « Et ça n’a aucun intérêt comme substance dopante », poursuit l’Américaine. Tout l’inverse de ce que nous ont expliqué tous les experts interrogés sur ce débat. « Nous avons juste un désavantage par rapport aux autres athlètes, enchaîne-t-elle.  Grâce à cette AUT, nous pouvons nous concentrer comme eux. »

Les experts pointent pourtant clairement les différents avantages apportés par des médicaments composés d’amphétamines ou de substances apparentées, surtout dans des sports où la concentration – un des points forts de la quadruple championne olympique, qui ne fait quasiment jamais d’erreur, ce qui n’était pas le cas avant sa première AUT – joue un rôle prépondérant, la gymnastique rentrant dans le lot. Reste à jouer la carte de la guerre froide sportive. 

« Ils sont jaloux parce que les Etats-Unis ont obtenu de bons résultats »

« Je pense qu’ils (les Fancy Bears, dont beaucoup pointent l’origine russe alors qu’elle n’a jamais été prouvée, ndlr) sont jaloux parce que les Etats-Unis ont obtenu de bons résultats. (…) Mais ça n’a pas gâché mes victoires, tout le monde m’a soutenu, tout le monde savait que j’avais ces troubles depuis longtemps. » Il n’empêche : même si son TDAH est réel, son traitement n’aurait pas, sauf cas exceptionnel, été prolongé à l’âge adule en France. Où elle n’aurait également pas bénéficié d’une AUT, aucune n’ayant été délivré pour ces pathologies ces dernières années en raison du caractère dopant des produits en question.