Running : Et maintenant, on court à la verticale !

A.Chaumontel

Ce soir a lieu dans les entrailles de la Dame de fer la 3e édition de la Verticale de la Tour Eiffel. Une course unique pour un contre-la-montre atypique de 1665 marches d’escaliers qui réunit le gratin mondial des spécialistes des courses verticales, une des alternatives aux courses sur route traditionnelles. Découverte.

Marre des courses à chrono monotones, indigestion de bitume et de routes asphaltées ? Si l’explosion du phénomène running en France a densifié le calendrier des compétitions, il a eu aussi pour effet boomerang de lasser certains puristes, passablement agacés de voir débouler sur leurs terrains de jeu favoris des millions de runners qui ont fini par embouteiller et – quelque part – uniformiser les courses sur route.

Depuis cinq ans, une ribambelle d’épreuves alternatives a donc vu le jour afin d’étancher la soif de nouveautés de ces runners : du trail aux courses à obstacles (Mud Day, SoMAD, D-Day Race, Spartan Race,…) en passant par des épreuves musicales, à bulles ou dite arc-en-ciel où beats, savon, poudre colorées, joie et bonne humeur sont à l’honneur.

279 mètres d'ascension pure

C’est dans ce contexte qu’a été lancée en 2015 la 1ère édition de la Verticale de la Tour Eiffel (une course similaire avait été organisée en...1905 !). Une épreuve où il faut avaler 1665 marches (soit 279 mètres d’ascension pure) en un temps record et qui, sur le papier, pourrait ressembler à une épreuve de cirque. Sauf que ce contre-la-montre ascensionnel n’a rien de fantaisiste ou de risible, au point d’avoir enfanté une élite composée de purs spécialistes qui se tirent désormais la bourre aux « quatre coins » du globe, au sein d'un circuit mondial (le Vertical World Circuit), de teams identifiées et à l’assaut des plus grands monuments tel que l’Empire State Building à New-York. La différence notable entre Paris et le reste du monde étant que l’escalier de la Tour Eiffel est totalement ouvert sur l’extérieur alors qu’ailleurs, les courses se déroulent dans des cages d’escaliers fermées. 

« Une vraie lutte contre soi-même et la souffrance du corps »

En 2015, la 1ère édition de la Verticale (qui fait office de lever de rideau à l’Ecotrail de Paris) avait ainsi vu le Polonais Piotr Lobodzinski, double champion du monde des courses d’escaliers (en 2014 et 2015) s’imposer logiquement. Avant de récidiver l'an dernier et battre le record de la montée en 7'48. Chez les femmes, c’est l’Australienne et ancienne championne d’Australie du 800 et 1500m, Suzy Walsham, qui était arrivée la première au sommet lors des deux premières éditions. Tout sauf des rigolos. « Du 2ème étage au sommet, c’est très très difficile car il y a de longs enchainements de marches sans virage, expliquait la championne à l’issue de son périple ascensionnel. C’est à-partir de ce moment que j’ai commencé à souffrir car l’acide lactique s’accumulait dans les jambes. J’ai dû faire face à cette douleur pour continuer à grimper jusqu’au sommet ». Ambiance.

Aux côtés de quelques amateurs triés sur le volet, ils seront donc ce soir 40 coureurs élites issus du monde du running et sélectionnés par un comité d’experts (pour un total de 128 engagés) à tenter d’inscrire leur nom au palmarès. A condition d’arriver « entier » au 3e étage de la Tour Eiffel car comme le souligne Piotr Lobodzinski : « c’est une vraie lutte contre soi-même et la souffrance du corps. Les muscles tétanisent, les poumons brûlent, le rythme cardiaque atteint son maximum ».