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Birmingham : Coleman à découvert

Panoramic

Nouveau recordman du monde du 60m depuis le mois dernier, Christian Coleman sera l’attraction des Mondiaux en salle ce samedi à Birmingham. A bientôt 22 ans, l’Américain ne pourra plus se cacher et devra assumer à la fois son statut de nouvelle bombe du sprint et potentiel successeur d’Usain Bolt.

Cette fois-ci, il ne pourra plus se planquer derrière le géant vert et jaune jamaïcain, Usain Bolt, retraité des pistes depuis l’été dernier. Nouveau recordman du monde du 60m en salle le mois dernier à Albuquerque (6’’34), Christian Coleman sera à n’en pas douter l’attraction de ces Championnats du monde en salle qui ont débuté jeudi à Birmingham. S’il était passé inaperçu l’hiver dernier malgré un chrono honnête sur 60m (6’’44), l’Américain était surtout sorti de son relatif anonymat six mois plus tard à Londres où il était devenu vice-champion du monde du 100m derrière Justin Gatlin et devant Sa Majesté Bolt. Mais aujourd’hui, Coleman a la pancarte et ses moindres faits et gestes seront épiés, scrutés, décortiqués sur le tartan de la Birmingham Arena.

"Je crois beaucoup en moi et dans le fait que je peux devenir l’un des meilleurs"

Propulsé du jour au lendemain successeur de "La Foudre" (en attendant de revoir à l’œuvre Andre de Grasse), la pépite - qui fêtera ses 22 printemps le 6 mars - devra donc pour la première fois de sa carrière assumer le statut de favori… et accessoirement de nouvelle tête de gondole du sprint mondial. « Je crois beaucoup en moi et dans le fait que je peux devenir l’un des meilleurs, lâche le phénomène, pas vraiment du genre grande gueule malgré les apparences. J’ai été béni des Dieux en recevant beaucoup de talent et si je continue à travailler dur, je pense alors que mon nom sera parmi les meilleurs. »

Ne pas se prendre les pieds dans le tapis

Pour y parvenir, le quadruple champion 2017 NCAA (sur 60m, 100m, 200m indoor et plein air) ne devra donc pas se prendre les pieds dans le tapis de la salle anglaise pour ravir son premier titre mondial. Ensuite, il lui faudra progresser chronométriquement cet été sur 100m, lui qui détient (déjà) un record perso à 9’’82 (meilleure perf mondiale 2017). Sans grosse pression sur les épaules puisqu’il n’y aura ni JO ni Mondiaux au programme estival. « Quand vous arrivez à ce niveau, c’est tellement technique, insiste Coleman. Il faut travailler dur pour grappiller quelques millièmes de secondes tout en s’économisant. Pour passer dans un premier temps de 9’’82 à 9’’72, je vais devoir résoudre énormément de choses d’un point de vue technique. »       

La patience d'un vieux sage

En attendant de laisser une trace indélébile dans les rankings mondiaux, cet ancien gymnaste et défenseur de football (notre bon vieux soccer, pas le foot US) entrera en piste ce samedi sur les coups de 11h15 (heure française) pour les séries (les demies à 20h10 puis la finale à 22h10). Mais là non plus et malgré l’excitation ambiante, Coleman ne cherchera pas à aller plus vite que la musique. Pas question de brûler les étapes, même pour un 60m matinal en guise d’amuse-bouche. « Vous devez rester patient, quel que soit l’enjeu, a raconté le sprinteur à Athletics Weekly. Vous ne devez jamais juste sortir très vite des blocks puis courir vite, vite, vite. Il y a beaucoup de choses à mettre en place en peu de temps et correctement. Tout peut se briser en un instant si c’est mal exécuté et vous faire perdre la course. C’est très dur et je suis encore en train d’apprendre tout ça. » Déjà la prudence d’un vieux sage et l’humilité d’un athlète qui semble vouloir s’inscrire dans la durée.